Seattle est au rock n'roll ce que Bethléem est au christianisme.
Spin Magazine (1992)

On a besoin qu'il arrive à nouveau quelque chose comme ça - pour changer la face de la musique. Tout de suite!
Mike Inez (Alice In Chains)

24/05/2017

Retour sur le grunge à l'occasion de la disparition de Cornell, par Very Good Trip sur France Inter


Very Good Trip s'est lancé hier soir dans une émission spécial grunge, à l'occasion de la disparition de Chris Cornell. Une belle heure de musique, avec quelques conneries et clichés inhérents au journalisme d'aujourd'hui, mais surtout avec une chouette sélection musicale, qui ne s'est pas contenté de faire au plus simple : exit Nirvana, mais du Trees, du Alice, et des vieux morceaux de Soundgarden, qu'on n'aurait jamais imaginé sur une radio nationale comme France Inter. Rien de nouveau donc pour les fans ultimes, mais ceci dit on passe quand même un moment très sympa... A récouter  

Aucun extrait cependant de Louder Than Love, peut être l'album le plus dangereux, dans le sens malsain, de toute la vague grunge. Sous tension permanente, oppressant, massif, un ovni musical à l'époque. Album qui impressionna Kirk Hammett himself, qui avoua s'être inspiré des riffs mastocs de Louder pour composer le Black album...  Scud mésestimé donc en comparaison des perles du groupe que sont Badmotorfinger et Superunknown, mais bel et bien pierre angulaire de la discographie des Cornell and co.

19/05/2017

Fell on black days... Décès de Chris Cornell


Scott Mc Cullum (batteur de Skin Yard, Gruntruck, 64 Spiders), parlant des débuts de Soundgarden : Chris était un gars très calme, réservé. Les gens prenaient ça pour une sorte de distance inhérente aux rock stars, mais ce n'était pas ça. C'était juste son caractère (...) Un jour on était dans la bagnole de Chris, en route pour un concert de Georges Thorogood. Chris conduisait, et tout d'un coup nous sort : les gars, je vais tenter de me mettre au chant... Et il se met à chanter à plein poumon!! On était plié de rire. Mais lui était super sérieux!

Mark Arm : Je connaissais les mecs de Soundgarden avant qu'ils soient Soundgarden. Ce groupe de reprise (The Shemps). Je ne savais jamais trop quel morceau ils jouaient, mais mon impression globale était que, quoi qu'ils jouaient, Chris sonnait exactement comme le chanteur de la chanson originale. Si ils jouaient les Doors, il sonnait exactement comme Jim Morrison. J'étais impressionné : Wow, ce gamin sait vraiment chanter...

18 mai - 4h00 du mat' (22h00 le 17 mai à Détroit) : l'heure d'aller bosser. La belle heure : il pleut, il fait bon malgré tout. Et j'aime ça bosser tranquillement de nuit, en sachant que les gouttes tombent dehors... Avant de traverser le jardin pour accéder à mon petit espace de travail, un rituel à respecter : remplir ma clé de quelques albums sympas à s'écouter pour la journée. Aujourd'hui... il me faut du Soundgarden!!! J'sais pas pourquoi : disons que, sur le coup : conforme à l'ambiance matinale... et pis ça fait un bail que j'ai pas écouté ce groupe que je porte au plus profond de moi, celui qui avec Pearl Jam, m'a tant fait revé... Il y a 5 ans tout rond, en 2012, j'étais au premier rang au Zénith de Paris pour tripper enfin en live sur mes idoles de jeunesse. En 2014, c'était au Hellfest. Que du bonheur!! J'espère pouvoir à nouveau les voir si ils reviennent en Europe dans les années à venir... Il faudra d'ailleurs, pour qu'ils défendent ce nouvel album que Chris a annoncé il y a une petite année...


5h30 (23h30 à Détroit) : l'heure du p'tit dèj. Déjà 1h30 de taf et le temps d'écouter en boucle le disc 1 du dernier Echo Of Miles. Rrraahh le Soundgarden première époque!!!! Rraaah les Toy Box, Heretic ou Cold Bitch. Cette ambiance de fin du monde (ou de génèse de l'univers, voir ici) que portent ces titres!! Cette putain de lourdeur dans les riffs... Et cette voix bordel!!! Respect immense pour ce mec, Cornell!! Dire que c'est dans un vide grenier il y a plus de 20 ans maintenant, que j'avais trouvé l'exemplaire promo de Cold Bitch. Face B : Exit Stonehenge. La claque!! J'avais plus ou moins 18 ans à l'époque, et je vénérais Soundgarden et ce son massif des débuts du groupe. Cold Bitch a toujours été pour moi le lien entre le Soundgarden des débuts et la période Badmotorfinger. Une batterie épaisse mais qui claque, et toujours des riffs d'une lenteur et d'une lourdeur titanesque!!!! Surement que mon amour du stoner vient des Melvins... Mais merde, c'est certain qu'il vient aussi de Soundgarden!!


10h30 : Deuxième pause. Superunknown dans la tête. Si j'avais à en emmener 3 sur une île deserte, celui là serait partie d'un trio formé du Mezzanine de Massive Attack, et bien sûr du Vs de PJ. Superunknown, c'est pour moi un des albums qui défini le mieux ce qu'est le grunge, tantôt mélancolique, tantôt rentre dedans, toujours accrocheur. Le morceau-titre en lui même est ce que Soundgarden a fait de mieux : Cornell y excelle, et le solo de Thayil rappelle que l'homme est un des meilleurs guitaristes de sa génération. Je jette un oeil sur le site officiel du groupe... Sans conviction... Y'a pas grand chose à se mettre sous la dent sur ce site, je le sais bien... Pourtant j'y reviens à deux fois... Comme si ce jour là j'attendais quelque chose... 

19 mai - 6h00 : En bon autiste de l'info, j'apprend avec retard la triste nouvelle par une news de Seattle Sound, le blog de mon amie Sly... Merde alors, bad news : Cornell se serait fait la malle... Mercredi soir, jeudi matin vers 5h30 chez nous avec le décalage horaire... Putaing de chiotte!!! Un je ne sais quoi me ferait bien dire que c'était dans l'air...

8h00 : Le choc est passé... Oui parce que dans ces cas là il y a toujours un choc. Il faut bien se rendre à l'évidence : cette fois Soundgarden, c'est bel et bien à jamais fini. Thayil va retourner faire le mort. Cameron ne jonglera plus entre ses deux amours de groupes. Shepherd le rebelle, Shepherd le sensible trouvera, j'espère, une autre voie... 

Mais il faut bien se rendre à l'évidence : cette fois Soundgarden, si ce n'était déjà fait, rentre à jamais dans la légende. A jamais les Fresh Tendrils, 4th of July, Outshined, Room A Thousand Years Wide, Hunted Down, Nothing to Say, Hands All Over, Gun, Flower ou Beyond the Wheel... A jamais cette voix inimitable, reconnaissable entre toutes... A jamais cet archétype du grunge, ce gars ténébreux qui en 1989 bouffait le micro boots en avant. Longue vie à la légende...

Dehors un rayon de soleil perce le noir des nuages et tape dans les gouttes d'une averse. C'est bô!! Finalement la journée s'annonce belle... Putain que la vie est belle!!!! Pour des tas de raison!!! Mais entre autre un peu aussi parce que les Cornell, Vedder ou Thayil, ont su lui donner ce mordant, cette énergie nécessaire à son épanouissement. La musique, c'est aussi ça pour moi : une transmission d'énergie d'un musicien à son public. Et Soundgarden était le maître incontestable d'une énergie bien spécifique. Soundgarden véhiculait la Puissance avec un grand P. Une putain de Puissance. Une Puissance mystique. Qui te faisait te sentir grand. Très grand. Fort. Très fort. Juste avec une putain de voix et des putains de gros riffs!!! Et cette Puissance là restera éternelle. Elle est en moi chaque fois que j'écoute ce groupe... Chris Cornell en était l'âme.

15/11/2016

Layne Staley : les dernières années...

Putaing en ce moment je revisite à fond les vieux classiques grunge... Après PJ, Alice In Chains!!! Normal c'est l'hiver... Et il pleut... Du coup d''habitude j'essaie de faire rire, aujourd'hui j'ai décidé que j'allais faire chialer héhé!!! Ben quoi??? C'est sympa un p'tit coup de déprime de temps en temps merde alors!!!!


Alice In Chains.... Puissance de feu musicale inégalée parmi les tenants du Seattle Sound, riffs imparables (même en 2016 : écoutez Phantom Limb sur le petit dernier... une tuerie...) et........... désespoir le plus total... Vain dieu quelle angoisse en toile de fond!!!! Rrrraahhh c'est jouissif AIC, y'a pas à chier, une sorte de pendant metal du grunge, mais faut quand même être plutôt sain d'esprit pour écouter ça en boucle... Faut croire que ces mecs n'ont jamais réussit à juste faire les choses à moitié... Toujours dans les extrêmes... Alice était certainement le groupe le plus borderline de Seattle, j’entends par là 4 gars qui vivaient quasi comme des SDF, en ruptures familiales (Staley, Kinney et Cantrell vivaient sans toit, les deux premiers virés par leurs parents, le dernier seul après les décès cumulés en 6 mois de sa grand mère et de sa mère, avec lesquelles il vivait), qui ne savaient souvent pas ce qu'ils allaient manger au prochain repas, et qui, bordel, jouaient une musique tellement puissante, tellement catchy!! Je pense que ces 4 gars étaient pour toutes ces raisons là des morts de faim, déterminés à sortir la meilleure musique possible... Mais aussi 4 gars plus que tout autre perméables à toucher le fond d'une certaine noirceur...

Ceci dit, même dans la mort les mecs ils font mieux que les autres!!! Mike Starr décédé en 2011 pour probablement abus de drogues. Et bien sûr Layne Staley, chanteur emblématique du groupe, qui vire de bord en 2002, après une dizaine d'années à creuser sa tombe, excusez du peu, à main nue!!!  Écorché vif le mec!!! Genre "j'veux vraiment en chier pour crever". J'aime vraiment Staley, pour sa voix extraordinaire, son attitude de clodo, tous ces albums qui seraient carrément moins excitant sans lui (Jar Of Flies en tête) mais pas pour tout le temps qu'il a mit à mourir... Toxico depuis les débuts d'AIC, Layne Staley s'enfonce progressivement dans la déprime, et particulièrement suite à la mort de sa petite amie, Demri Parrot, en 1996. Ce fut le vrai commencement de sa descente aux enfers. A partir de cette date, il se cloitre chez lui dans ce qui apparait un voie sans retour possible. Tout aura été fait par les membres de son groupe, ainsi que son entourage, Krist Novoselic, Mark Lanegan ou autre, pour le sortir de la spirale infernale. Sans succès.

Nick Pollock (guitariste d'Alice N'Chains, et My Sister Machine) : J'ai vu Layne pour la dernière fois probablement 1 an et demi avant sa mort. Je marchais sur Broadway à Seattle, et j'ai vu ce mec trainer dans la rue. Il avait l'air d'un vieux de 80 ans, avec sa fausse perruque blonde frisée et ses fringues bizarres, dépareillées. Il avait l'air d'un clodo. Il avait l'air juste cinglé. Je pensais que c'était un déguisement. Mais quand je l'ai vu de profil, j'ai pensé : "Oh my fucking God". Je venais de comprendre qui il était. Je l'ai interpellé, il s'est retourné : "Nick!!". Et il m'a fait une grosse accolade. J'étais sous le choc : c'était un squelette. Je crois qu'il n'avait plus de dents. On a eu une chouette conversation, et on s'est promit de se revoir. . Mais c'était irréel. C'était un cauchemar. Je ne savais pas à qui je parlais vraiment. A mon ami, mais en même temps ce n'était plus lui. J'étais tellement choqué. Je suis rentré à la maison, et j'ai pleuré.

Jeff Gilbert (journaliste musical et organisateur de concerts) : Layne se séquestrait lui même, et ne faisait rien d'autre que jouer aux jeux vidéos et prendre des drogues. je suis tombé sur lui à peu près 6 mois avant sa mort, dans le U District. Il avait l'air d'une vieille version de lui même, comme s'il avait 80 balais. Il était jaunâtre, ses yeux étaient tellement creusés, tellement sombres. Dans une tentative pour être drôle, je lui ai dis : "Putain mec, tu devrais sortir au soleil plus souvent". Mais je sentais en lui cette somme de tristesse hallucinante. He was a dead man walking.

Susan Silver (manager d'AIC) : Sean appelait Layne tout le temps. Il pouvait l'appeler tous les jours pendant 6 mois. Layne ne répondait jamais. Pas parce qu'il avait quelque chose à reprocher à Sean. C'était juste qu'il était dans sa bulle.


Mike Starr (1er bassiste d'AIC) : Il est mort le jour d'après mon anniversaire. Et j'étais avec lui ce jour là, le jour de mon anniversaire, essayant de le garder en vie. Un moment je lui ai demandé si je devais appeler les urgences, et il m'a répondu que si je faisais ça et il ne me parlerait plus jamais. Bien sûr, je ne savais pas qu'il était en train de mourir, sinon j'aurais appelé. 
Layne m'avait juste dit : "Je suis malade". J'avais pris de quoi planer à mort ce jour là. Il était agité de ne pas me voir redescendre. Il m'engueulait d'avoir pris ces pilules. On s'est pris le bec et je me suis barré. Et ses derniers mots pour moi furent : "Pas comme ça, ne part pas comme ça". Je l'ai juste laissé là, assis. Ses derniers mots étaient : "Pas comme ça".... Je peux pas croire ça. J'ai tellement honte de ça.

Sean Kinney (batteur d'AIC) : Ça a été un des suicides les plus longs du monde. J'attendais cet appel depuis longtemps. Depuis 7 ans en vérité. Mais ça n'a pas empêché de me choquer le moment venu.

Mike Inez (2ème bassiste d'AIC) : A ce moment précis j'étais vraiment mal. Randy Castillo, mon meilleur ami, le batteur du groupe d'Ozzy (Osbourne), et mon mentor, venait de mourir d'un cancer. le lendemain de mon retour des funérailles, j'ai eu un appel de Sean. "T'es bien assis??.... Layne vient de mourir". "Oh my God, tu déconnes???" Ça a été l'une des pires périodes de ma vie.

Mike Starr : Quand le groupe s'est formé, on est tous devenu comme des frères, spécialement moi et Layne. On se marrait comme des fous, on riait tous énormément. On s'est toujours tous supporté les uns les autres. J'étais chanceux de jouer avec ces gars. 
Un jour, j'ai croisé Jeff Ament. Il m'a fait remarquer : "C'est dingue de vous voir toujours tous les 4, vous êtes toujours tous ensemble les gars, en toutes circonstances!!". J'étais là : "C'est vrai mec. On est les 4 mousquetaires, mec". On vivait pour ce groupe. C'était notre seul intérêt dans la vie.

Ci dessous un petit extrait de Jar Of Flies justement, certainement un des albums de rock parmi les plus foncièrement bô. Je peux pas dire autre chose que ça. Il se dégage de ces morceaux quelque chose de simplement magnifique... Juste dire aussi que les deux derniers albums d'AIC sont des tueries. A écouter absolument. Ils ne sont pas si loin en qualités des classiques du groupe... 




PS : Saviez vous que les deux amants sur la pochette de Mad Season sont en réalité Layne et Demri...

15/10/2016

Drive Blind les yeux bandés!!

Tiens? Ce blog n'est pas abandonné? QUOI????? LE MEC SERAIT TOUJOURS VIVANT???? Dis moi pô que c'est pô vrai!!!!! Juste le mec il vient de se réécouter dans le désordre la disco complète de son groupe de toujours, Pearl Jam, en se disant que le petit dernier n'était en fait pas si mal, et même plutôt bon. Et même carrément bon. "She's a lightning bolt... lightning bolt"... Puissant ce morceau. Et de lire, enfin, dans un petit plaisir coupable, la somme en quasi 400 pages qu'est "PJ Twenty". Et de revoir le docu PJ20... Y'a pas à chier, c'est le plus grand groupe du monde!!! Héhé. 

Bon, juste pour dire aussi que dans le dernier Noise était fait mention de Drive Blind, ovni musical dans la France des années 90, et de la ressortie de Be a vegetable, remarquable album complètement dans l'air du temps à l'époque, tout en rage et tension, agressif, massif, et qui n'avait p**** de rien à envier à ses homologues us... De lire ça m'a gentiment rappelé ce moment d'adolescence ou j'ai pour la première fois eu vent de l'existence de ce groupe, via si je me souviens bien, une chronique de feu Hard Force ("n°27 : toute l'année hard 1994", putaing je viens de retrouver la couverture sur le net) épluchant l'EP de 1994 justement, Tropical Motion Fever, plus orienté sur un rock noise j'aurais tendance à dire pro Dino Jr vs Sonic Youth, genre petite voix gentille et lancinante perdue au milieu du chaos sonique. Super bien ficelé, enchainements de chouettes chansons grunge pop, tel Smile Like Elvis ou Television... En ce temps béni j'avais flashé sur la pochette (rien que la face du gosse...) , mélange d'innocence et d'agressivité, un peu comme la musique du disque en fait. Merci New Noise de m'avoir amené à réécouter ça 20 ans après!!! Vraiment à redécouvrir... 


A plus les aminches!!!

26/09/2015

The Melvins au Levitation France, Chabada, Angers, 18 septembre

Rrrraaaahhh bordel the Melvins!!!!!!!!!.......................................... Putain merde the MELVINS à 40 bornes de chez moi!!!!??? The Melvins : ceux qui firent le lien entre mon amour pour le grunge et ma vénération du stoner-doom, légendes ultimes du premier, précurseurs indiscutables du second, inventeurs avant l'heure de ces longues plages lourdes, lentes et reverberisées qu'on appela par la suite "drone" avec le succès de groupes tel Sunn O))) (écoutez moi Hung Bunny sur Lysol : un monument)... Mes idoles de jeunesse quoi!!!! Enfin, nos idoles de jeunesse, puisqu'on était deux vendredi dernier pour assister au phénomène, en clôture de la première des deux nuits du festival Levitation France d'Angers, chouette rassemblement d'amoureux de musique psyché importé d'Austin, Texas par ses inventeurs : The Blacks Angels... Allez va, je vous laisse avec mon pote Arnaud, bloggeur émérite et amoureux de toutes les musiques, qui saura vous faire vivre cette belle soirée : voir http://ziqueinmyhead.blogspot.fr/
 
Ceci étant dit, je tiens juste à dire que oui, même les plus grand guerriers ont droit au repos de leur propre cul, surtout quand ils mesurent 1,70m sur la pointe des pieds...
 
 
Le festival créé par les Black Angels (anciennement nommé le Heavy Psyche Fest), basé à Austin, se délocalise depuis 3 saisons à Angers. Pas eu l’occasion d’y aller les saisons précédentes et j’ai lamentablement loupé la venue des Black Angels la première année. Là, c’était l’occas’ à ne pas manquer ! Et puis voir les Melvins en tête d’affiche d’un festoche dit Psyché, ça vaut son pesant de cacahouètes, non ?
 
L'affiche !
 
Arrivés sur place avec Antho, première constatation : heureusement que la pluie s’est arrêtée de tomber. Une scène est plantée dehors et deux zicos font un boucan d’enfer ! Un guitariste et un batteur (Solids), qui jouent un Rock Heavy qui sent bon les 90’s. Entrainant. Et ça tient plus que la route malgré le son brouillon qui résulte de cette scène un peu coincée entre un bâtiment et un mur. Bonne entame (comme la bière) !
 
La suite se passe à l’intérieur ! K-X-P est déjà sur scène (ça ne chôme pas entre les concerts !). Deux batteurs + un guitariste/chanteur (Hurleur)/bidouilleur de sample ! Les mecs sont grimés de longues tenues noires avec capuche, forçant encore plus la curiosité. J’ai bien tripé sur le premier titre, tribal, dansant et bruitiste. Après, c’est un peu tout le temps la même chose, le trip fonctionnant une fois sur deux. Par contre, avoir une (deux) vraie(s) batterie(s), qui font le rythme dansant, Disco en live, faut avouer que ça pète !
 
Retour dehors, face à la scène extérieure, avec un duo espagnol, complètement Electro : SVPER. Bon, deux zigues se faisant face et s’éclatant derrière leurs consoles à bidouiller des sons, pour moi, ça va 5mn. Dans la salle, nous retrouvons Indian Jewelry, groupe atypique américain : deux guitaristes (le leader Tex Kerschen alternant avec le micro), une chanteuse/claviériste (Erika Thrasher, moitié du couple à la base de ce groupe) et une batteuse debout, façon Moe Tucker, martelant en cadence avec les beats délivrés par les machines. Tripant, là encore pour ma part, une fois sur deux ! On navigue entre un Velvet Undreground qui copulerait avec Suicide. Pour un résultat qui alterne bandant et repoussant. A creuser, tout de même.  

 
Dehors, c’est THE KING KHAN & BBQ SHOW qui va foutre le feu ! Derrière leur masques et habillé de tenues improbables, ces canadiens vont réchauffer l’extérieur avec ce Punk/Rock/Rockabily, joué à seulement deux grattes + une grosse caisse, mais diablement efficace. Blacksnake (alias King Khan, à la gratte) et Mark Sultan (gratte et grosse caisse), n’ont plus qu’à nous cueillir, faisant chanter l’auditoire. Et tout le monde aura la pêche et la banane, durant ce set bouillant. Comme quoi, c’est simple le Rock & Roll, quand s’est bien fait.
 
Wand, revient au Chabada pour la deuxième fois, en quelques mois. Enfin, ils ont déjà pondu un autre disque depuis. J’avais pris un méga parpaing, la première fois et je tendais déjà l’autre joue pour en « re-manger » un autre. Et bien, surprise ! Les Wand, n’ont rien perdus de leurs fougue, mais le show aura été bien différent de la première fois. A l’image de leur dernier disque (1000 Days) en somme ! Oui, ce disque ne sort que vendredi 25, mais est déjà sur ma platine depuis une semaine. Wand a toujours autant de puissance, mais l’enchainement des ambiances est plus marqué !  Cory Hanson (guitare) est encore plus le boss et s’est considérablement amélioré, en quelques mois. Son jeu est plus assuré et beaucoup plus précis. C’est lui qui dicte le sens à prendre, au reste du groupe, avec des passages beaucoup plus atmosphériques. On rassure les bourrins, quelques extraits de Golem, ont été distillés pendant ce set. Quoi dire d’autre ? Ah si ! Le batteur est fabuleux et le guitariste rythmique est toujours aussi stone. Défoncé, fixant le public comme si il était ailleurs, mais capable de distiller en même temps des riffs complètement démoniaques. Il faut le voir !
 
Retour, dehors avec un DJ (Blanck Mass) qui officie derrière ses platines… Nous allons visiter le site, une bonne bière à la main… avant d’aller attendre les Melvins !
 
 
Nous avons le temps de bien nous placer pour la suite : moi en fosse et Antho dans les gradins (hé ouais, je sais, un mythe s’écroule !). Le temps de voir Buzz Osborne faire une partie des balances. Ce mec, que l’on connait depuis qu’on est gamin,  est complètement impressionnant et dégage un charisme de dingue. Bon, (the) Melvins, ça déchire sur disque, mais sur scène… c'te claque. 
 
 
Ca commence bien : on entend un mec qui tousse, bloqué façon sample, craché dans tous les baffle ! Ouaip, c’est bien Sweat Leaf du Black Sab, qui écorche amoureusement nos oreilles, pour l’entrée des artistes ! C’est le moment de « manger » sévère ! Visuellement, d’abord : deux batterie en action, ensemble, c’est d’une puissance ! Et Buzz, habillé de sa « robe » façon gourou, ça fait son petit effet. Ensuite, le son dégagé : Buzz délivre des riffs façon Panzer, surlignés (comme s’il en avait besoin !) de la basse ultra-saturée de Jared Warren avec deux bougres qui s’évertuent à défoncer leurs peaux, au milieu (j’ai nommé Coady Willis, autre moitié de Big Business et l’autre légende, Dale Crover !).
 
Deux batteurs qui se complètent sur certains titres, ou totalement synchro sur les autres, c’est selon. Sensation impressionnante, oppressante parfois, mais surtout extrêmement jouissive. Buzz fait le show, scéniquement, musicalement et vocalement, appuyé par les chœurs des trois autres (ça aussi, c’est très fort !). Les Melvins ont fait virer ce festival, du Psyche vers le Metal le plus lourd. Petit plaisir des programmateurs ? Si c’est ça, merci d’avoir eu l’audace de faire venir ce groupe légendaire, dans la cité du Roi René. Et si c’est dans la charte du festival, alors Levitation c’est couillu !!
 

02/02/2015

No Seattle!!! La compil grunge qui déchire...

Oui alors bon heu j'veux dire : si les Inrock en parle, ça la fout mal, j'peux pas ne pas en parler aussi zutchiottemerdep*********demotherfucker. Est ce que No Seattle vaut vraiment le coup, avec sa pochette suggérant doublement (visuellement et dans l'inconscient collectif) une sélection de nerds groupes ayant pris la tasse d'entrée de jeu??? Oui oui oui milles fois oui!!! No Seattle c'est quoi? En fait c'est une compil qui regroupe plus ou moins 25 groupes oubliés de la vague grunge de Seattle, en 28 titres... 25 groupes je dirais plus ou moins ignorés : on y retrouve quand même un titre de Bundle Of Hiss, groupe pré TAD de Tad, ainsi que quelques troisièmes couteaux mal aiguisés dont les noms sonnent vaguement familiers à tout fan de Seattle Sound : Calamity Jane, Kill Sybill ou Chemistry Set, entre autres... Ouais bon d'accord ok je capitule : en fait on n'en a jamais entendu parler de tout ces groupes, ils sortent d'où tous ces groupes??? Vous êtes allé les chercher où tous ces groupes??? Vous deviez avoir une bonne lampe torche pour les trouver ceux là au fond du trou du cul de la musique du North West!!!!


C'est vrai que vu de loin ça fait un peu raclage de fonds de tiroirs avant mise au placard définitif... Mais en vrai les amis, en vrai la vérité je vous la donne : rien à jeter dans cette sélection!!! J'y ai retrouvé pratiquement de bout en bout ce son typique garage de la fin des années 80, ces forts relents de Mudhoney, Tad, Gruntruck, Nirvana des débuts, voire même parfois Screaming Trees, ce coté punk du grunge de Seattle qui en a fait toute sa renommée... En fait je me suis retrouvé avec les mêmes sensations qu'à la première écoute de Sub Pop 200, y'a de ça bien des années... Les mêmes guitares cinglantes, le même son tranchant et crade... Oubliez donc ici toute trace de Mother Love Bones ou autres Alice In Chains, comme le dit la chronique de New Noise, car ici on est en danger : ça sonne vieux clubs des bas fonds, ça sonne pas propre, ça sonne pas sérieux, ça sonne comme une odeur de dessous les aisselles, ça sonne Seattle 1988, même si beaucoup de ces morceaux datent de l'ère post 1991!!!!! Et ça sonne bien de bout en bout : pas d'ennuis dans ces 28 titres et 2 cds... Un petit aperçu avec Vampire Lezbos ci dessous...


PS : Merci au mossieu qui a laissé un commentaire dans le post de dessous, j'ai trouvé ça bien sympa...

08/11/2014

Proto géo-sociologie du grunge...


C'est dans le North West qu'on a inventé le terme "soucoupes volantes". C'est la capitale mondiale des sérial killers... Je veux dire : la famille Mason venait en vacances ici!!! Ce coin est zarbi. Art Chantry (illustrateur affichiste vedette du Seattle Sound, dans Hype!)

L'autre fois, en bon passionné de trucs invraisemblables d'une part, et des côtes, montagnes et forets sauvages du nord ouest pacifique d'autres part, je me suis mis à lire un bouquin finalement très intéressant (oui finalement), sur le sasquatch, ou bigfoot, ce yéti légendaire d'Amérique du Nord, qui vivrait un peu partout mais surtout, surtout dans l'Oregon et le Washington State. Ça s'appelle "Sasquatch et le mystère des hommes sauvages", et c'est écrit par un français tout ce qu'il y a de plus sérieux (Jean Paul, prof à l'université de Nantes, belle moustache franchouillarde)... Bon, alors moi je m'attendais à avoir plein d'infos sur la bête, pleins de témoignages tous aussi flippant les uns que les autres... et en fait j'ai surtout eu un récit personnel sur l'attachement du mossieu en question à cette région des States, aire géographique particulière, toute faite d'une humidité terrible, de forêts et d'arbres géants, de vallées sauvages, de fleuves encore plus sauvages (la Columbia!!!), d'amérindiens oubliés de l'ogre capitaliste etc... Bon, l'un dans l'autre, ça m'allait bien, parce qu'il y a une part de moi, grande, qui est irrésistiblement attiré, depuis tout petit, par le North West Pacific. Au point de lire des tonnes de trucs sur le sujet. J'saurais pas dire pourquoi... Un truc que j'aime bien aussi, c'est que la région est également connue pour nombres de bizarreries ésotériques, comme celle d'avoir été le lieu des premières observations contemporaines d'ovnis (voir le docu référant ICI), avant même Roswell, ou celui d'observations diffuses d'hommes singes gigantesques (nombres de témoins affirmant avoir vu des hominidés haut de plus de 2,50m)... Et n'oublions pas que l'intrigue d'une des premières séries archi chelou de la télévision moderne : Twin Peaks, se déroule ici même!!! Pas de hasard... This place is werd...

Et c'est dans cet environnement particulier que nait dans les années 80 un mouvement musical qui révolutionna le rock : le grunge!!! Rien d'étonnant me direz vous... Quoi qu'on fasse, on est le produit de son environnement. Physiquement et psychologiquement aussi. Les éléments burinent les hommes... C'est une évidence que seule une telle aire géographique pouvait engendrer des groupes aussi barrés que les Melvins ou les U Men, aussi dépressif qu'Alice In Chains, aussi doomesque que Soundgarden (dans l'esprit, bien que dans le son parfois...) ou YOB (dans le son et laissez moi réfléchir...... dans l'esprit aussi), ou dronesque, par la suite, tel Earth, pionnier du genre, ou Sunn O))) et Master Musicians Of Bukkake. Un album tel que que Superunknown est à mon gout une bande son plus qu'idéale pour appréhender une telle région à la météo instable, aux immensités sylvestres hors de propos, et à une nature tellement sauvage que des petits frenchies comme nous se pisseraient dessus au premier craquement de branche. Je m'imagine tellement bien au volant d'un vieux pick-up dégingandé, voguant au son de Fresh Tendrils ou Like Suicide, traversant la Okanogan National Forest, longeant les rives sauvages du Puget Sound, essuyant le climat détrempé des Olympics Mountains. Et je m'imagine tellement mal perdu au milieu de la forêt par une nuit d'hiver, au son de Nothing To Say, poursuivi par un vague grand singe sorti tout droit de la préhistoire et les copains de E.T cherchant à m'ausculter le cerveau avant de me rendre à la civilisation débilisante... Toute la musique généré dans les 90's par les groupes du coin suinte de l'ambiance des lieux, de l'atmosphère d'une région qui ne peut s'aborder sans une pointe d'appréhension et de mystère. Ça pour sûr on n'est pas sur la côte d'Azur!!!

La musique de Seattle est à jamais attaché pour moi, à Soundgarden, Pearl Jam et Mudhoney..... ainsi qu'aux énormes camions transportant des troncs de 10m de long, aux séquoias géants, aux indiens Squamish (vous savez, ceux des totems), à la végétation luxuriante, au froid, aux grizzlis et à la nature la plus sauvage qui soit. Et à la pluie! Un truc qu'est immanquable, depuis le temps, c'est que mes disques de grunge tournent beaucoup plus l'hiver que l'été. Le grunge c'est un état d'esprit!!!! Ça veut pas dire que je navigue dans le spleen en permanence, bien au contraire, j'aime la Vie et elle me le rend bien, mais j'sais pas... Y'a une grande part d'humidité dans ces disques là qui font que perso j'aime bien m'en jeter un par jour de grande pluie...

Voili voilou, c'était la chronique du jour, en attendant de vraies chroniques musicales... Et n'oubliez pas : le Bigfoot existe vraiment : je l'ai vu. A moins que... J'saurais pas dire... C'était p'têt mon voisin Bernard qui pissait derrière la haie une nuit sans lune perché sur les potiches géantes de madame avec trois grammes dans le sang en beuglant comme un ours qu'on égorge... Sasquatch de voisin de merde... Tu pourrais te raser de temps en temps merde alors...

23/06/2014

Compte rendu Hellfest 2014 : Therapy?, Walking Papers et Soundgarden!!!

Et ben ça faisait longtemps!!! Un manque de motivation allié à douze tonnes de tafs divers et variés, font que Seattle Grunge est ce que l'on peut désormais appeler un blog en standby!!! Ca reviendra... Ou pas... Oulala c'est pas les choses qui manquent à dire, loin de là, mais bon, j'ai besoin d'un plus de motivation. Tenir un blog comme celui ci demande franchement des heures de tafs, à trouver les bonnes infos, écrire des articles qui apportent un petit quelque chose à l'affaire, rédiger des interviews en français, les traduire en anglais, sans forcément être assuré d'avoir une réponse, retraduire en français quand réponse il y a, se tenir informé des news et gnagna et gnagna... Enfin bon, j'en suis là!!! Un p'tit challenge qui pourrait être sympa quand à la suite à donner dans la continuité du blog, et dont j'ai évoqué l'idée avec Cyril Jégou, l'auteur de Pulsions Vitales, le bouquin sur PJ sorti chez Camion Blanc en début d'année, serait de sortir un petit bouquin sans prétention qui reprendrait une partie du blog, augmenté de nouveaux articles... On y pense gentiment... 

En attendant, ce WE, et hier en particulier, on s'est maté Soundgarden avec le dit Cyril et Sly, du blog Seattle Sound... C'était en live au Hellfest bien sûr!!!!! Et je ne pouvais pas manquer de donner mes impressions sur ces trois jours... D'autant qu'on a vu une belle brochette de musicos des années 90!!!

Le vendredi, Therapy? a donné un set dense composé en grande partie de morceaux de l'album phare du groupe : Troublegum... Qui au passage prend 20 ans cette année... Un groupe un brin timoré en début de concert selon moi, mais l'impression première s'estompe vite à l'écoute de morceaux tous aussi parfaitement choisis et exécutés les uns que les autres... Tout ce qu'on aime sur albums se retrouve en version live : cette frappe de batterie sèche et claquante, une basse ronflante et des riffs percutant lorgnant sur le coté metal du rock... Un excellent moment qu'un fan des nineties ne pouvait ni manquer ni ne pas apprécier!!! Le set complet en dessous...


Walking Papers, dont la musique n'est ni metal ni même hard rock, a pourtant fait son petit effet sur le public du Hellfest... Juste avancer que Duff, ex Guns N'Roses, est membre de ce groupe suffit à faire déplacer une bonne petite troupe autour de la Mainstage 1... Mais honnêtement, Barrett Martin y est pour beaucoup quand au fait de donner un vrai coffre aux morceaux du groupe, et Jeff Angel, ce quasi inconnu avant que Walking Papers pointe le bout du nez, est le réel plus de la bande : un frontman charismatique doublé d'un excellent guitariste font que ce concert fut très objectivement un des meilleurs du festival, le groupe proposant un rock d'une maturité évidente, trop rare sur l'ensemble des trois jours...

Soundgarden, enfin, a fait le boulot d'une fort belle manière. On ne peut être déçu que d'une chose, c'est que le format festival n'offre qu'une petite heure à un groupe de cette ampleur, qui pourrait en donner tellement plus... Un son moyen au début, il aura fallu que Shepherd se fache pour que ça s'améliore drastiquement... Superunknown a lui aussi 20 ans cette année, et bien sûr, s'il fallait mettre en avant un album, c'était celui là... Badmotorfinger n'est pas en reste, ces deux albums fournissant 90% du set... Le concert se termine sur l'emblématique Beyond The Wheel, annonçant la couleur pour le show du Sabbath Noir à venir... Que dire de plus : globalement du coup, un très bon son qui contraste évidemment avec leur venue en 2012 à Paris, une excellente setlist même si un vrai fan en demandera toujours plus, un groupe très en forme et fidèle à lui même : un Cornell qui tchatche pas mal, un Shepherd bougonnant mais manifestement heureux d'en être, et un Thayil zen au tricot... Matt Chamberlain s'en est très bien sorti... Franchement pas vu la différence!!! J'ai toujours pensé que Soundgarden pourrait en remontrer au public du Hellfest en terme de riffs heavy et d'intensité... Ils l'ont prouvé d'une fort belle manière... Un Beyond The Wheel ne peut laisser indifférent un fan ultime de gros son...


Voili voilou... Si j'avais un top 5 à donner en dehors des 3 suscités plus haut (je peux pas être objectif avec ceux là), j'dirais bien ça, très subjectivement et dans le désordre le plus complet : 

Electric Wizard, parce que j'ai encore pris une surdose d'infrasons, et putaing que c'est bon,
Clutch, pour le son parfait, et le boogie stoner rock d'un groupe unique en son genre,
Soulfly, pour le coté ultra tribal de la batterie du fiston Cavalera (17 ans le môme??) que Sepultura n'aura jamais, même si j'ai pris du plaisir avec ces derniers... 
Against Me, la surprise totale que nous a valu l'énorme foule massée devant Aerosmith, laquelle nous a fait fuir et décidé de prendre une petite bière pèpère sur la Warzone devant un groupe au punk rock magnifiquement exécuté, accrocheur et sans ennui... Et pourtant je suis pas un fan ultime de punk, loin de là...
Dozer parce que le desert rock de ces éternels outsiders de la scène stoner allie puissance et finesse qui sont la marque de fabrique des très grands,
Et Iron Maiden parce que là aussi, je suis loin d'être un grand fan, mais curieusement je ne me suis pas ennuyé une seconde!!!

Et ben en fait c'est un top 6... A plus les amis, et au plaisir de vous retrouver sur Seattle Grunge, si Dieu le veut!!!

11/01/2014

Satchel versus Brad : qui est qui???

Tiens ouais d'abord, pourquoi on parlerait pas de Satchel???!!! Un groupe plutôt atypique dans l'univers du Seattle Sound, et pourtant... Quelle voix!!! Mojo Mag ne s'est certainement pas trompé en catapultant Shawn Smith parmi sa liste des meilleurs vocalistes de tous les temps... Et que fout ce piano sur un disque étiqueté "grunge"!!! Ceci dit, l'ensemble sonne plutôt pas mal, j'irais même jusqu'à dire que, merde alors, c'est bô!!! Vous l'aurez compris, Satchel ne ressemble à rien de ce qu'on connait du son de Seattle. Oui mais Satchel, c'est d'abord et avant tout Shawn Smith, chanteur multi instrumentiste. Un touche à tout qui fut aussi l'alter ego d'un autre foutraque nommé Steve Fisk, personnage éminemment important au sein de la mouvance informelle du Seattle Sound, ce dans la classieuse formation électro rock Pigeonhed... Et pis bon, Shawn Smith, c'est aussi l'un des partenaires de Stone Gossard, fameux guitariste de PJ, chez Brad... Satchel et Brad, d'ailleurs qui fusionnèrent quasiment à un moment, sortant même en 2005 un disque intitulé Satchel vs Brad... Il faut dire à ce stade que l'autre élément indissociable de Satchel / Brad répond au doux nom de Regan Hagar... C'est qui lui?? Ben, humblement, Regan Hagar, c'est quand même le batteur d'un groupe précurseur du Seattle Sound : Malfunkshun, dont le leader n'était rien moins que Landrew, le dieu de l'amour, ou plus simplement Andrew Wood, futur chanteur de Mother Love Bone... Bon, on va s'arrêter là pour les explications croisées, parce trop d'explications croisées tue les explications croisées... 

Shawn Smith est né à Spokane, Washington State, et s'installe rapidement dès le début des années 80 à la capitale, Seattle... C'est un fan d'Elton John, Kiss ou encore Queen, mais par dessus tout, c'est Prince qui révèle son envie de jouer et chanter... On comprend mieux dès lors d'où viennent les sons si particulier de Satchel, Brad ou Pigeonhed, ces mélanges improbables de rock, jazz, soul ou funk... L'homme se met à composer immédiatement, mais c'est surtout au début des 90's que ses projets phares prennent forme... 

Regan Hagar (batteur de Satchel/Brad/Malfunshun) : J'étais ami avec Shawn Smith depuis qu'on avait bossé ensemble chez Tower Records... Un jour il m'a fait écouté une cassette. C'était lui, une boite à rythme, et un synthé à deux francs. J'étais à fond dans Prince à l'époque, et lui aussi. Ça sonnait funky, et je lui ai dit : "Mec, t'as vraiment une super voix - on devrait monter un groupe funk". On s'y est mit, et on a joué avec pas mal de monde en ville.

Shawn Smith (chanteur de Satchel/Brad/Pigeonhed) : Moi, Stoney et Regan avons jammé à l'occasion. A l'époque, Regan et moi étions déjà parti prenante dans Satchel. On avait déjà les bases d'un morceau, et Stoney a dit "Il faut qu'on réserve un studio pour une ou deux semaines, et quand je reviens de tournée, on fait un disque". C'est comme ça que Brad est né.

Satchel et Brad resteront à jamais deux groupes jumeaux, et il n'est pas indécent de dire que, sans Brad, Satchel n'aurait jamais connu le succès d'estime qui lui était dû... 

Regan Hagar : Pearl Jam venait de décoller. Je pense que Stone n'a pas tardé à toucher son premier chèque. Donc il avait du succès, et il a pensé : "Vous voulez aller en studio les gars? J'ai un peu de fric - je paie". Il a allongé le fric pour sept jours aux studios Avast!. On voulait pas de Kory Kane, le bassiste de Satchel, parce que ça aurait voulu dire Satchel avec Stone. Donc Stone a fait venir un pote à lui, de LA, Jeremy Toback. On a tout écrit en studio... Stone a vraiment aimé le résultat, et l'a présenté à Sony, qui a immédiatement voulu le sortir. D'un coup on était invité à New York, à dormir dans des supers hotels. Finalement, Sony s'est rendu compte que Shawn et moi étions aussi dans Satchel. Boom - Satchel était signé aussi. Le rêve devenait réalité.

Le premier album de Brad, Shame, sort donc en 1993, suivi du premier Satchel, EDC (1994). Mais tout ne se passe pas comme prévu...

Regan Hagar : Il y avait des sérieuses tensions entre Brad et Satchel d'un coté, et PJ de l'autre. Certains membres de Pearl Jam nous accusait de suivre le train en marche. Avec Shawn ça nous a rendu furieux. J'étais à Seattle à jouer de la musique bien avant tous ces gars!!! (...) Je pense que c'est correct de dire que si Brad n'a jamais vraiment explosé, c'est parce que Pearl Jam ne voulait pas que Stone en soit. Ils pensent différemment maintenant. Mais c'est trop tard...

Satchel et Brad sont toujours en activité, l'un a sorti Heartache and Honey en 2010, l'autre United We Stand en 2012, passant même par la France pas plus tard que cette année... Shawn Smith continue quand à lui en parallèle une carrière solo, qui, sans être couronnée d'un succès faramineux, n'en continue pas moins d'être florissante... Reconnu désormais comme un artiste talentueux, il n'est pas rare de le voir aux cotés de Greg Dulli (ex Afghan Wighs, qui dira de lui qu'il est encore aujourd'hui le secret le mieux gardé de Seattle) ou Lanegan... Des aperçus de Satchel, Brad et Pigeonhed dans la playlist Grooveshark à droite. Plus bas une vidéo issue du premier Satchel, EDC, suivi d'un live on KEXP de Brad, et d'un Pigeonhed live bien sympathique...


21/12/2013

Seattle Grunge's Anecdotes : Ben Shepherd entre Nirvana et Soundgarden circa 1990

J'saurais pas trop dire pourquoi, mais j'aime bien Ben Shepherd. Un peu fou comme ça le mec, mais en même temps attachant... Et pis on sent comme une fracture chez ce gars, quelque chose de touchant... Comme un grand costaud au cœur tendre. Ben est un historique du Seattle Sound. Membre à part entière de la bande de Bainbridge Island, encore plein d'acné dans son premier groupe March Of Crimes, ami d'enfance de Chad Channing (Nirvana), Andrew Wood (Mother Love Bone) ou Stone Gossard (Pearl Jam)... Ca pose son homme... L'Ben il a été pas mal en concurrence fut un temps avec le plus grand looser du Seattle Sound, j'ai nommé Jason Everman... Faut croire qu'il en sorti gagnant...


Ben Shepherd (bassiste de Soundgarden)Je suis né au Japon, puis on a bougé au Texas. Quand j'avais trois ans, ma famille s'est installé dans la banlieue de Seattle - j'y ai toujours vécu depuis. Mon père avait l'habitude de jouer de la guitare. Puis quand j'ai eu 8 ans, j'ai eu l'occasion d'écouter Raw Power des Stooges. That was it. J'étais condamné. J'avais des frères et sœurs plus vieux, qui m'emmenaient aux concerts : de Syd Barrett à Earth Wind and Fire ou Captain Beefheart. Même si on était plus pauvre que quiconque, j'ai toujours vécu en musique. (...) Mon plus grand frère, Henry, qui vivait à Seattle, avait rencontré ce gars, Kim. Ils étaient amis et il l'amenait de temps en temps à la maison. J'avais 14 ans.

Jack Endino ( l'oreille du Seattle Sound) : Durant les 14 mois de pose qu'a connu Skin Yard, j'ai fais un essai pour Soundgarden. Je les ai harcelé : "Bordel. Laissez moi jouer la basse. Je peux le faire". On a jammé une nuit ensemble. C'était plaisant, mais la réponse fut : "Merci, mais non merci". J'ai appris plus tard que Daniel (House, aussi dans Skin Yard à l'époque) avait tenté le coup aussi (rires) 

Ben Shepherd : Ce qui était très drôle, c'est que les gars de Soundgarden m'ont demandé de faire un essai le jour d'après que ceux de Nirvana m'aient proposé la même chose. "Bon, Nirvana m'a demandé un jour avant vous, donc eux d'abord". J'avais jamais essayé d'apprendre le moindre morceau de Soundgarden. J'avais une cassette, mais pas d'endroit où jouer. En plus j'avais jamais réellement pris la basse avant. Pendant l'essai, on n'a pas parlé. Je suis juste venu, j'ai allumé l'ampli et on a jammé pendant 2 heures au lieu d'apprendre les morceaux de Louder Than Love, ce qu'on aurait dû initialement faire. Je suis revenu une deuxième fois, c'était plus sérieux - et puis ils ont choisi Jason.

C'est Stuart Hallerman, l'ingé son de Soundgarden, qui me l'a apprit. J'ai dis : "Je te promet que dans 6 mois ils reviennent me voir et ils me prennent". Et 6 mois plus tard, c'est ce qui est arrivé. Pourquoi j'ai pensé ça? Parce que je connaissais Jason. J'étais au lycée avec lui. Il était pas fait pour faire parti d'un groupe et tourner. C'était un gars plutôt individualiste. Et pis, j'étais un petit malin : j'ai toujours été le second choix.

Kurt et Krist m'avait demandé un essai pour Nirvana, à l'époque ou Kurt cherchait une seconde guitare. Chad (Channing, initialement ami d'enfance de Ben) ne leur avait jamais dit que je pouvais jouer de la guitare. C'est pour ça que Kurt disait que si ils avaient su ça plus tôt ils n'auraient jamais pris Jason (Everman, encore). Donc je suis parti en tournée avec eux, mais sans jamais jouer, parce qu'ils jouaient seulement des morceaux de Bleach, alors que je n'avais bossé avec eux que des morceaux de l'album à venir, Nevermind. Pourquoi? Parce que c'est ce qu'ils voulaient jouer. Si c'était frustrant? Bien sûr. J'aime jouer. Mais c'était super de voir mes amis mettre les gens sur le cul. Je les aidais pour le matos, je vendais les t-shirts pour eux.  J'ai toujours pensé qu'ils devaient rester un trio...

Un jour le téléphone sonne, et c'était Kim : "Hey Ben, on est de retour en ville, ça te dit d'aller se boire une bière? On s'est retrouvé ce soir là, puis le lendemain, chez Chris. Et c'est là qu'ils m'ont demandé de les rejoindre. J'ai craché par terre : "Fuck, yeah!"


Kim Thayil (guitariste de Soundgarden) : Avec Ben, les choses ont tout de suite été faciles. Il était super partant et motivé pour contribuer créativement. Je vais pas dire que Ben a guéri la blessure qui s'était ouverte au départ d'Hiro. Mais avec lui le groupe a retrouvé une part de l'esprit qui émanait du groupe dans les meilleurs jours d'Hiro, jusqu'à contribuer à ce qui est devenu Badmotorfinger.

Ben Shepherd est depuis lors un des artistes confirmés du Seattle Sound, jouant entre autre pour Hater, Wellwater Conspiracy, au sein des Desert Sessions ou en accompagnement de Mark Lanegan (occupant notamment la basse sur I'll Take Care Of You et Field Songs). Il vient de sortir un très bon album solo, In Deep Owl, que perso je n'attendais pas à ce niveau. Shepherd avait déjà écrit des morceaux fabuleux pour Soundgarden : Half sur Superunknown, An Unkind ou Switch Opens sur Down On The Upside, ou Taree sur le petit dernier, entre autres... Mais là franchement : totale surprise! Entre acoustique et électrique, accompagné de Matt Cameron, Matt Chamberlain ou Greg Gilmore à la batterie, et dans la complète veine des scuds de Lanegan, Ben Shepherd s'inscrit là comme un fabuleux songwriter... Beaucoup de titres hypers touchant, comme ce Collide à fleur de peau... En écoute intégrale en dessous... On est content de le voir le Ben le 22 juin prochain au... Hellfest!!!!

04/12/2013

Hellfest 2014 : Soundgarden et (peut-être) Walking Papers!!!!

On l'attendait, on en rêvait secrètement, on y croyait dur comme fer, on en salivait d'avance, on en aurait mis sa main à couper... Et ben ça y est, c'est fait : Soundgarden sera bien l'une des têtes d'affiches du prochain Hellfest!!!! A priori donc sans Matt Cameron, mais avec Kim Thayil, Chris Cornell et Ben Shepherd!!! Ce sera le dimanche, très certainement avant la prestation du Black Sabbath originel, mais lui aussi sans son batteur originel... Un batteur légendaire qui pourrait peut être bien être là le samedi, c'est Barrett Martin, ex-Screaming Yard Skin Season Mad Trees... Et actuel Walking Papers!!!! Accompagné d'une autre légende du Seattle Sound : Duff!!!!! Peut être car, comme l'année dernière avec Alice In Chains, cité par la première fuite officieuse, celle de Ouest France hier, présent sur la liste officielle du Facebook du fest, mais absent de l'affiche officielle!!!! A voir...


Pour le reste, pas de surprise, on le savait aussi depuis un moment, l'édition 2014 sera la pire tuerie qui ai jamais existé sur un festival metal : Black Sabbath, Iron Maiden, Aerosmith pour les têtes d'affiches. Pour le reste : Therapy? (quelle énorme nouvelle, celle là je l'avais pas vu venir!!!!), Slayer, Sepultura, Queensryche (Seattle forever), Deep Purple, Megadeth, Monster Magnet, Paradise Lost, Godflesh, Emperor, Soulfly, et pour le stoner, une belle brochette avec Electric Wizard, Unida (John Garcia ex Kyuss), Clutch, Kylesa, Kadavar et les vieux loups de mer que sont Lowrider ou Dozer... Manque encore une dizaine de groupes, et je serais pas surpris du tout de voir débouler quelques autres groupes légendaires... Ça promet!!! Vivement juin 2014!!!!