Seattle est au rock n'roll ce que Bethléem est au christianisme.
Spin Magazine (1992)

On a besoin qu'il arrive à nouveau quelque chose comme ça - pour changer la face de la musique. Tout de suite!
Mike Inez (Alice In Chains)

15/11/2016

Layne Staley : les dernières années...

Putaing en ce moment je revisite à fond les vieux classiques grunge... Après PJ, Alice In Chains!!! Normal c'est l'hiver... Et il pleut... Du coup d''habitude j'essaie de faire rire, aujourd'hui j'ai décidé que j'allais faire chialer héhé!!! Ben quoi??? C'est sympa un p'tit coup de déprime de temps en temps merde alors!!!!


Alice In Chains.... Puissance de feu musicale inégalée parmi les tenants du Seattle Sound, riffs imparables (même en 2016 : écoutez Phantom Limb sur le petit dernier... une tuerie...) et........... désespoir le plus total... Vain dieu quelle angoisse en toile de fond!!!! Rrrraahhh c'est jouissif AIC, y'a pas à chier, une sorte de pendant metal du grunge, mais faut quand même être plutôt sain d'esprit pour écouter ça en boucle... Faut croire que ces mecs n'ont jamais réussit à juste faire les choses à moitié... Toujours dans les extrêmes... Alice était certainement le groupe le plus borderline de Seattle, j’entends par là 4 gars qui vivaient quasi comme des SDF, en ruptures familiales (Staley, Kinney et Cantrell vivaient sans toit, les deux premiers virés par leurs parents, le dernier seul après les décès cumulés en 6 mois de sa grand mère et de sa mère, avec lesquelles il vivait), qui ne savaient souvent pas ce qu'ils allaient manger au prochain repas, et qui, bordel, jouaient une musique tellement puissante, tellement catchy!! Je pense que ces 4 gars étaient pour toutes ces raisons là des morts de faim, déterminés à sortir la meilleure musique possible... Mais aussi 4 gars plus que tout autre perméables à toucher le fond d'une certaine noirceur...

Ceci dit, même dans la mort les mecs ils font mieux que les autres!!! Mike Starr décédé en 2011 pour probablement abus de drogues. Et bien sûr Layne Staley, chanteur emblématique du groupe, qui vire de bord en 2002, après une dizaine d'années à creuser sa tombe, excusez du peu, à main nue!!!  Écorché vif le mec!!! Genre "j'veux vraiment en chier pour crever". J'aime vraiment Staley, pour sa voix extraordinaire, son attitude de clodo, tous ces albums qui seraient carrément moins excitant sans lui (Jar Of Flies en tête) mais pas pour tout le temps qu'il a mit à mourir... Toxico depuis les débuts d'AIC, Layne Staley s'enfonce progressivement dans la déprime, et particulièrement suite à la mort de sa petite amie, Demri Parrot, en 1996. Ce fut le vrai commencement de sa descente aux enfers. A partir de cette date, il se cloitre chez lui dans ce qui apparait un voie sans retour possible. Tout aura été fait par les membres de son groupe, ainsi que son entourage, Krist Novoselic, Mark Lanegan ou autre, pour le sortir de la spirale infernale. Sans succès.

Nick Pollock (guitariste d'Alice N'Chains, et My Sister Machine) : J'ai vu Layne pour la dernière fois probablement 1 an et demi avant sa mort. Je marchais sur Broadway à Seattle, et j'ai vu ce mec trainer dans la rue. Il avait l'air d'un vieux de 80 ans, avec sa fausse perruque blonde frisée et ses fringues bizarres, dépareillées. Il avait l'air d'un clodo. Il avait l'air juste cinglé. Je pensais que c'était un déguisement. Mais quand je l'ai vu de profil, j'ai pensé : "Oh my fucking God". Je venais de comprendre qui il était. Je l'ai interpellé, il s'est retourné : "Nick!!". Et il m'a fait une grosse accolade. J'étais sous le choc : c'était un squelette. Je crois qu'il n'avait plus de dents. On a eu une chouette conversation, et on s'est promit de se revoir. . Mais c'était irréel. C'était un cauchemar. Je ne savais pas à qui je parlais vraiment. A mon ami, mais en même temps ce n'était plus lui. J'étais tellement choqué. Je suis rentré à la maison, et j'ai pleuré.

Jeff Gilbert (journaliste musical et organisateur de concerts) : Layne se séquestrait lui même, et ne faisait rien d'autre que jouer aux jeux vidéos et prendre des drogues. je suis tombé sur lui à peu près 6 mois avant sa mort, dans le U District. Il avait l'air d'une vieille version de lui même, comme s'il avait 80 balais. Il était jaunâtre, ses yeux étaient tellement creusés, tellement sombres. Dans une tentative pour être drôle, je lui ai dis : "Putain mec, tu devrais sortir au soleil plus souvent". Mais je sentais en lui cette somme de tristesse hallucinante. He was a dead man walking.

Susan Silver (manager d'AIC) : Sean appelait Layne tout le temps. Il pouvait l'appeler tous les jours pendant 6 mois. Layne ne répondait jamais. Pas parce qu'il avait quelque chose à reprocher à Sean. C'était juste qu'il était dans sa bulle.


Mike Starr (1er bassiste d'AIC) : Il est mort le jour d'après mon anniversaire. Et j'étais avec lui ce jour là, le jour de mon anniversaire, essayant de le garder en vie. Un moment je lui ai demandé si je devais appeler les urgences, et il m'a répondu que si je faisais ça et il ne me parlerait plus jamais. Bien sûr, je ne savais pas qu'il était en train de mourir, sinon j'aurais appelé. 
Layne m'avait juste dit : "Je suis malade". J'avais pris de quoi planer à mort ce jour là. Il était agité de ne pas me voir redescendre. Il m'engueulait d'avoir pris ces pilules. On s'est pris le bec et je me suis barré. Et ses derniers mots pour moi furent : "Pas comme ça, ne part pas comme ça". Je l'ai juste laissé là, assis. Ses derniers mots étaient : "Pas comme ça".... Je peux pas croire ça. J'ai tellement honte de ça.

Sean Kinney (batteur d'AIC) : Ça a été un des suicides les plus longs du monde. J'attendais cet appel depuis longtemps. Depuis 7 ans en vérité. Mais ça n'a pas empêché de me choquer le moment venu.

Mike Inez (2ème bassiste d'AIC) : A ce moment précis j'étais vraiment mal. Randy Castillo, mon meilleur ami, le batteur du groupe d'Ozzy (Osbourne), et mon mentor, venait de mourir d'un cancer. le lendemain de mon retour des funérailles, j'ai eu un appel de Sean. "T'es bien assis??.... Layne vient de mourir". "Oh my God, tu déconnes???" Ça a été l'une des pires périodes de ma vie.

Mike Starr : Quand le groupe s'est formé, on est tous devenu comme des frères, spécialement moi et Layne. On se marrait comme des fous, on riait tous énormément. On s'est toujours tous supporté les uns les autres. J'étais chanceux de jouer avec ces gars. 
Un jour, j'ai croisé Jeff Ament. Il m'a fait remarquer : "C'est dingue de vous voir toujours tous les 4, vous êtes toujours tous ensemble les gars, en toutes circonstances!!". J'étais là : "C'est vrai mec. On est les 4 mousquetaires, mec". On vivait pour ce groupe. C'était notre seul intérêt dans la vie.

Ci dessous un petit extrait de Jar Of Flies justement, certainement un des albums de rock parmi les plus foncièrement bô. Je peux pas dire autre chose que ça. Il se dégage de ces morceaux quelque chose de simplement magnifique... Juste dire aussi que les deux derniers albums d'AIC sont des tueries. A écouter absolument. Ils ne sont pas si loin en qualités des classiques du groupe... 




PS : Saviez vous que les deux amants sur la pochette de Mad Season sont en réalité Layne et Demri...

15/10/2016

Drive Blind les yeux bandés!!

Tiens? Ce blog n'est pas abandonné? QUOI????? LE MEC SERAIT TOUJOURS VIVANT???? Dis moi pô que c'est pô vrai!!!!! Juste le mec il vient de se réécouter dans le désordre la disco complète de son groupe de toujours, Pearl Jam, en se disant que le petit dernier n'était en fait pas si mal, et même plutôt bon. Et même carrément bon. "She's a lightning bolt... lightning bolt"... Puissant ce morceau. Et de lire, enfin, dans un petit plaisir coupable, la somme en quasi 400 pages qu'est "PJ Twenty". Et de revoir le docu PJ20... Y'a pas à chier, c'est le plus grand groupe du monde!!! Héhé. 

Bon, juste pour dire aussi que dans le dernier Noise était fait mention de Drive Blind, ovni musical dans la France des années 90, et de la ressortie de Be a vegetable, remarquable album complètement dans l'air du temps à l'époque, tout en rage et tension, agressif, massif, et qui n'avait p**** de rien à envier à ses homologues us... De lire ça m'a gentiment rappelé ce moment d'adolescence ou j'ai pour la première fois eu vent de l'existence de ce groupe, via si je me souviens bien, une chronique de feu Hard Force ("n°27 : toute l'année hard 1994", putaing je viens de retrouver la couverture sur le net) épluchant l'EP de 1994 justement, Tropical Motion Fever, plus orienté sur un rock noise j'aurais tendance à dire pro Dino Jr vs Sonic Youth, genre petite voix gentille et lancinante perdue au milieu du chaos sonique. Super bien ficelé, enchainements de chouettes chansons grunge pop, tel Smile Like Elvis ou Television... En ce temps béni j'avais flashé sur la pochette (rien que la face du gosse...) , mélange d'innocence et d'agressivité, un peu comme la musique du disque en fait. Merci New Noise de m'avoir amené à réécouter ça 20 ans après!!! Vraiment à redécouvrir... 


A plus les aminches!!!

26/09/2015

The Melvins au Levitation France, Chabada, Angers, 18 septembre

Rrrraaaahhh bordel the Melvins!!!!!!!!!.......................................... Putain merde the MELVINS à 40 bornes de chez moi!!!!??? The Melvins : ceux qui firent le lien entre mon amour pour le grunge et ma vénération du stoner-doom, légendes ultimes du premier, précurseurs indiscutables du second, inventeurs avant l'heure de ces longues plages lourdes, lentes et reverberisées qu'on appela par la suite "drone" avec le succès de groupes tel Sunn O))) (écoutez moi Hung Bunny sur Lysol : un monument)... Mes idoles de jeunesse quoi!!!! Enfin, nos idoles de jeunesse, puisqu'on était deux vendredi dernier pour assister au phénomène, en clôture de la première des deux nuits du festival Levitation France d'Angers, chouette rassemblement d'amoureux de musique psyché importé d'Austin, Texas par ses inventeurs : The Blacks Angels... Allez va, je vous laisse avec mon pote Arnaud, bloggeur émérite et amoureux de toutes les musiques, qui saura vous faire vivre cette belle soirée : voir http://ziqueinmyhead.blogspot.fr/
 
Ceci étant dit, je tiens juste à dire que oui, même les plus grand guerriers ont droit au repos de leur propre cul, surtout quand ils mesurent 1,70m sur la pointe des pieds...
 
 
Le festival créé par les Black Angels (anciennement nommé le Heavy Psyche Fest), basé à Austin, se délocalise depuis 3 saisons à Angers. Pas eu l’occasion d’y aller les saisons précédentes et j’ai lamentablement loupé la venue des Black Angels la première année. Là, c’était l’occas’ à ne pas manquer ! Et puis voir les Melvins en tête d’affiche d’un festoche dit Psyché, ça vaut son pesant de cacahouètes, non ?
 
L'affiche !
 
Arrivés sur place avec Antho, première constatation : heureusement que la pluie s’est arrêtée de tomber. Une scène est plantée dehors et deux zicos font un boucan d’enfer ! Un guitariste et un batteur (Solids), qui jouent un Rock Heavy qui sent bon les 90’s. Entrainant. Et ça tient plus que la route malgré le son brouillon qui résulte de cette scène un peu coincée entre un bâtiment et un mur. Bonne entame (comme la bière) !
 
La suite se passe à l’intérieur ! K-X-P est déjà sur scène (ça ne chôme pas entre les concerts !). Deux batteurs + un guitariste/chanteur (Hurleur)/bidouilleur de sample ! Les mecs sont grimés de longues tenues noires avec capuche, forçant encore plus la curiosité. J’ai bien tripé sur le premier titre, tribal, dansant et bruitiste. Après, c’est un peu tout le temps la même chose, le trip fonctionnant une fois sur deux. Par contre, avoir une (deux) vraie(s) batterie(s), qui font le rythme dansant, Disco en live, faut avouer que ça pète !
 
Retour dehors, face à la scène extérieure, avec un duo espagnol, complètement Electro : SVPER. Bon, deux zigues se faisant face et s’éclatant derrière leurs consoles à bidouiller des sons, pour moi, ça va 5mn. Dans la salle, nous retrouvons Indian Jewelry, groupe atypique américain : deux guitaristes (le leader Tex Kerschen alternant avec le micro), une chanteuse/claviériste (Erika Thrasher, moitié du couple à la base de ce groupe) et une batteuse debout, façon Moe Tucker, martelant en cadence avec les beats délivrés par les machines. Tripant, là encore pour ma part, une fois sur deux ! On navigue entre un Velvet Undreground qui copulerait avec Suicide. Pour un résultat qui alterne bandant et repoussant. A creuser, tout de même.  

 
Dehors, c’est THE KING KHAN & BBQ SHOW qui va foutre le feu ! Derrière leur masques et habillé de tenues improbables, ces canadiens vont réchauffer l’extérieur avec ce Punk/Rock/Rockabily, joué à seulement deux grattes + une grosse caisse, mais diablement efficace. Blacksnake (alias King Khan, à la gratte) et Mark Sultan (gratte et grosse caisse), n’ont plus qu’à nous cueillir, faisant chanter l’auditoire. Et tout le monde aura la pêche et la banane, durant ce set bouillant. Comme quoi, c’est simple le Rock & Roll, quand s’est bien fait.
 
Wand, revient au Chabada pour la deuxième fois, en quelques mois. Enfin, ils ont déjà pondu un autre disque depuis. J’avais pris un méga parpaing, la première fois et je tendais déjà l’autre joue pour en « re-manger » un autre. Et bien, surprise ! Les Wand, n’ont rien perdus de leurs fougue, mais le show aura été bien différent de la première fois. A l’image de leur dernier disque (1000 Days) en somme ! Oui, ce disque ne sort que vendredi 25, mais est déjà sur ma platine depuis une semaine. Wand a toujours autant de puissance, mais l’enchainement des ambiances est plus marqué !  Cory Hanson (guitare) est encore plus le boss et s’est considérablement amélioré, en quelques mois. Son jeu est plus assuré et beaucoup plus précis. C’est lui qui dicte le sens à prendre, au reste du groupe, avec des passages beaucoup plus atmosphériques. On rassure les bourrins, quelques extraits de Golem, ont été distillés pendant ce set. Quoi dire d’autre ? Ah si ! Le batteur est fabuleux et le guitariste rythmique est toujours aussi stone. Défoncé, fixant le public comme si il était ailleurs, mais capable de distiller en même temps des riffs complètement démoniaques. Il faut le voir !
 
Retour, dehors avec un DJ (Blanck Mass) qui officie derrière ses platines… Nous allons visiter le site, une bonne bière à la main… avant d’aller attendre les Melvins !
 
 
Nous avons le temps de bien nous placer pour la suite : moi en fosse et Antho dans les gradins (hé ouais, je sais, un mythe s’écroule !). Le temps de voir Buzz Osborne faire une partie des balances. Ce mec, que l’on connait depuis qu’on est gamin,  est complètement impressionnant et dégage un charisme de dingue. Bon, (the) Melvins, ça déchire sur disque, mais sur scène… c'te claque. 
 
 
Ca commence bien : on entend un mec qui tousse, bloqué façon sample, craché dans tous les baffle ! Ouaip, c’est bien Sweat Leaf du Black Sab, qui écorche amoureusement nos oreilles, pour l’entrée des artistes ! C’est le moment de « manger » sévère ! Visuellement, d’abord : deux batterie en action, ensemble, c’est d’une puissance ! Et Buzz, habillé de sa « robe » façon gourou, ça fait son petit effet. Ensuite, le son dégagé : Buzz délivre des riffs façon Panzer, surlignés (comme s’il en avait besoin !) de la basse ultra-saturée de Jared Warren avec deux bougres qui s’évertuent à défoncer leurs peaux, au milieu (j’ai nommé Coady Willis, autre moitié de Big Business et l’autre légende, Dale Crover !).
 
Deux batteurs qui se complètent sur certains titres, ou totalement synchro sur les autres, c’est selon. Sensation impressionnante, oppressante parfois, mais surtout extrêmement jouissive. Buzz fait le show, scéniquement, musicalement et vocalement, appuyé par les chœurs des trois autres (ça aussi, c’est très fort !). Les Melvins ont fait virer ce festival, du Psyche vers le Metal le plus lourd. Petit plaisir des programmateurs ? Si c’est ça, merci d’avoir eu l’audace de faire venir ce groupe légendaire, dans la cité du Roi René. Et si c’est dans la charte du festival, alors Levitation c’est couillu !!
 

02/02/2015

No Seattle!!! La compil grunge qui déchire...

Oui alors bon heu j'veux dire : si les Inrock en parle, ça la fout mal, j'peux pas ne pas en parler aussi zutchiottemerdep*********demotherfucker. Est ce que No Seattle vaut vraiment le coup, avec sa pochette suggérant doublement (visuellement et dans l'inconscient collectif) une sélection de nerds groupes ayant pris la tasse d'entrée de jeu??? Oui oui oui milles fois oui!!! No Seattle c'est quoi? En fait c'est une compil qui regroupe plus ou moins 25 groupes oubliés de la vague grunge de Seattle, en 28 titres... 25 groupes je dirais plus ou moins ignorés : on y retrouve quand même un titre de Bundle Of Hiss, groupe pré TAD de Tad, ainsi que quelques troisièmes couteaux mal aiguisés dont les noms sonnent vaguement familiers à tout fan de Seattle Sound : Calamity Jane, Kill Sybill ou Chemistry Set, entre autres... Ouais bon d'accord ok je capitule : en fait on n'en a jamais entendu parler de tout ces groupes, ils sortent d'où tous ces groupes??? Vous êtes allé les chercher où tous ces groupes??? Vous deviez avoir une bonne lampe torche pour les trouver ceux là au fond du trou du cul de la musique du North West!!!!


C'est vrai que vu de loin ça fait un peu raclage de fonds de tiroirs avant mise au placard définitif... Mais en vrai les amis, en vrai la vérité je vous la donne : rien à jeter dans cette sélection!!! J'y ai retrouvé pratiquement de bout en bout ce son typique garage de la fin des années 80, ces forts relents de Mudhoney, Tad, Gruntruck, Nirvana des débuts, voire même parfois Screaming Trees, ce coté punk du grunge de Seattle qui en a fait toute sa renommée... En fait je me suis retrouvé avec les mêmes sensations qu'à la première écoute de Sub Pop 200, y'a de ça bien des années... Les mêmes guitares cinglantes, le même son tranchant et crade... Oubliez donc ici toute trace de Mother Love Bones ou autres Alice In Chains, comme le dit la chronique de New Noise, car ici on est en danger : ça sonne vieux clubs des bas fonds, ça sonne pas propre, ça sonne pas sérieux, ça sonne comme une odeur de dessous les aisselles, ça sonne Seattle 1988, même si beaucoup de ces morceaux datent de l'ère post 1991!!!!! Et ça sonne bien de bout en bout : pas d'ennuis dans ces 28 titres et 2 cds... Un petit aperçu avec Vampire Lezbos ci dessous...


PS : Merci au mossieu qui a laissé un commentaire dans le post de dessous, j'ai trouvé ça bien sympa...

08/11/2014

Proto géo-sociologie du grunge...


C'est dans le North West qu'on a inventé le terme "soucoupes volantes". C'est la capitale mondiale des sérial killers... Je veux dire : la famille Mason venait en vacances ici!!! Ce coin est zarbi. Art Chantry (illustrateur affichiste vedette du Seattle Sound, dans Hype!)

L'autre fois, en bon passionné de trucs invraisemblables d'une part, et des côtes, montagnes et forets sauvages du nord ouest pacifique d'autres part, je me suis mis à lire un bouquin finalement très intéressant (oui finalement), sur le sasquatch, ou bigfoot, ce yéti légendaire d'Amérique du Nord, qui vivrait un peu partout mais surtout, surtout dans l'Oregon et le Washington State. Ça s'appelle "Sasquatch et le mystère des hommes sauvages", et c'est écrit par un français tout ce qu'il y a de plus sérieux (Jean Paul, prof à l'université de Nantes, belle moustache franchouillarde)... Bon, alors moi je m'attendais à avoir plein d'infos sur la bête, pleins de témoignages tous aussi flippant les uns que les autres... et en fait j'ai surtout eu un récit personnel sur l'attachement du mossieu en question à cette région des States, aire géographique particulière, toute faite d'une humidité terrible, de forêts et d'arbres géants, de vallées sauvages, de fleuves encore plus sauvages (la Columbia!!!), d'amérindiens oubliés de l'ogre capitaliste etc... Bon, l'un dans l'autre, ça m'allait bien, parce qu'il y a une part de moi, grande, qui est irrésistiblement attiré, depuis tout petit, par le North West Pacific. Au point de lire des tonnes de trucs sur le sujet. J'saurais pas dire pourquoi... Un truc que j'aime bien aussi, c'est que la région est également connue pour nombres de bizarreries ésotériques, comme celle d'avoir été le lieu des premières observations contemporaines d'ovnis (voir le docu référant ICI), avant même Roswell, ou celui d'observations diffuses d'hommes singes gigantesques (nombres de témoins affirmant avoir vu des hominidés haut de plus de 2,50m)... Et n'oublions pas que l'intrigue d'une des premières séries archi chelou de la télévision moderne : Twin Peaks, se déroule ici même!!! Pas de hasard... This place is werd...

Et c'est dans cet environnement particulier que nait dans les années 80 un mouvement musical qui révolutionna le rock : le grunge!!! Rien d'étonnant me direz vous... Quoi qu'on fasse, on est le produit de son environnement. Physiquement et psychologiquement aussi. Les éléments burinent les hommes... C'est une évidence que seule une telle aire géographique pouvait engendrer des groupes aussi barrés que les Melvins ou les U Men, aussi dépressif qu'Alice In Chains, aussi doomesque que Soundgarden (dans l'esprit, bien que dans le son parfois...) ou YOB (dans le son et laissez moi réfléchir...... dans l'esprit aussi), ou dronesque, par la suite, tel Earth, pionnier du genre, ou Sunn O))) et Master Musicians Of Bukkake. Un album tel que que Superunknown est à mon gout une bande son plus qu'idéale pour appréhender une telle région à la météo instable, aux immensités sylvestres hors de propos, et à une nature tellement sauvage que des petits frenchies comme nous se pisseraient dessus au premier craquement de branche. Je m'imagine tellement bien au volant d'un vieux pick-up dégingandé, voguant au son de Fresh Tendrils ou Like Suicide, traversant la Okanogan National Forest, longeant les rives sauvages du Puget Sound, essuyant le climat détrempé des Olympics Mountains. Et je m'imagine tellement mal perdu au milieu de la forêt par une nuit d'hiver, au son de Nothing To Say, poursuivi par un vague grand singe sorti tout droit de la préhistoire et les copains de E.T cherchant à m'ausculter le cerveau avant de me rendre à la civilisation débilisante... Toute la musique généré dans les 90's par les groupes du coin suinte de l'ambiance des lieux, de l'atmosphère d'une région qui ne peut s'aborder sans une pointe d'appréhension et de mystère. Ça pour sûr on n'est pas sur la côte d'Azur!!!

La musique de Seattle est à jamais attaché pour moi, à Soundgarden, Pearl Jam et Mudhoney..... ainsi qu'aux énormes camions transportant des troncs de 10m de long, aux séquoias géants, aux indiens Squamish (vous savez, ceux des totems), à la végétation luxuriante, au froid, aux grizzlis et à la nature la plus sauvage qui soit. Et à la pluie! Un truc qu'est immanquable, depuis le temps, c'est que mes disques de grunge tournent beaucoup plus l'hiver que l'été. Le grunge c'est un état d'esprit!!!! Ça veut pas dire que je navigue dans le spleen en permanence, bien au contraire, j'aime la Vie et elle me le rend bien, mais j'sais pas... Y'a une grande part d'humidité dans ces disques là qui font que perso j'aime bien m'en jeter un par jour de grande pluie...

Voili voilou, c'était la chronique du jour, en attendant de vraies chroniques musicales... Et n'oubliez pas : le Bigfoot existe vraiment : je l'ai vu. A moins que... J'saurais pas dire... C'était p'têt mon voisin Bernard qui pissait derrière la haie une nuit sans lune perché sur les potiches géantes de madame avec trois grammes dans le sang en beuglant comme un ours qu'on égorge... Sasquatch de voisin de merde... Tu pourrais te raser de temps en temps merde alors...

23/06/2014

Compte rendu Hellfest 2014 : Therapy?, Walking Papers et Soundgarden!!!

Et ben ça faisait longtemps!!! Un manque de motivation allié à douze tonnes de tafs divers et variés, font que Seattle Grunge est ce que l'on peut désormais appeler un blog en standby!!! Ca reviendra... Ou pas... Oulala c'est pas les choses qui manquent à dire, loin de là, mais bon, j'ai besoin d'un plus de motivation. Tenir un blog comme celui ci demande franchement des heures de tafs, à trouver les bonnes infos, écrire des articles qui apportent un petit quelque chose à l'affaire, rédiger des interviews en français, les traduire en anglais, sans forcément être assuré d'avoir une réponse, retraduire en français quand réponse il y a, se tenir informé des news et gnagna et gnagna... Enfin bon, j'en suis là!!! Un p'tit challenge qui pourrait être sympa quand à la suite à donner dans la continuité du blog, et dont j'ai évoqué l'idée avec Cyril Jégou, l'auteur de Pulsions Vitales, le bouquin sur PJ sorti chez Camion Blanc en début d'année, serait de sortir un petit bouquin sans prétention qui reprendrait une partie du blog, augmenté de nouveaux articles... On y pense gentiment... 

En attendant, ce WE, et hier en particulier, on s'est maté Soundgarden avec le dit Cyril et Sly, du blog Seattle Sound... C'était en live au Hellfest bien sûr!!!!! Et je ne pouvais pas manquer de donner mes impressions sur ces trois jours... D'autant qu'on a vu une belle brochette de musicos des années 90!!!

Le vendredi, Therapy? a donné un set dense composé en grande partie de morceaux de l'album phare du groupe : Troublegum... Qui au passage prend 20 ans cette année... Un groupe un brin timoré en début de concert selon moi, mais l'impression première s'estompe vite à l'écoute de morceaux tous aussi parfaitement choisis et exécutés les uns que les autres... Tout ce qu'on aime sur albums se retrouve en version live : cette frappe de batterie sèche et claquante, une basse ronflante et des riffs percutant lorgnant sur le coté metal du rock... Un excellent moment qu'un fan des nineties ne pouvait ni manquer ni ne pas apprécier!!! Le set complet en dessous...


Walking Papers, dont la musique n'est ni metal ni même hard rock, a pourtant fait son petit effet sur le public du Hellfest... Juste avancer que Duff, ex Guns N'Roses, est membre de ce groupe suffit à faire déplacer une bonne petite troupe autour de la Mainstage 1... Mais honnêtement, Barrett Martin y est pour beaucoup quand au fait de donner un vrai coffre aux morceaux du groupe, et Jeff Angel, ce quasi inconnu avant que Walking Papers pointe le bout du nez, est le réel plus de la bande : un frontman charismatique doublé d'un excellent guitariste font que ce concert fut très objectivement un des meilleurs du festival, le groupe proposant un rock d'une maturité évidente, trop rare sur l'ensemble des trois jours...

Soundgarden, enfin, a fait le boulot d'une fort belle manière. On ne peut être déçu que d'une chose, c'est que le format festival n'offre qu'une petite heure à un groupe de cette ampleur, qui pourrait en donner tellement plus... Un son moyen au début, il aura fallu que Shepherd se fache pour que ça s'améliore drastiquement... Superunknown a lui aussi 20 ans cette année, et bien sûr, s'il fallait mettre en avant un album, c'était celui là... Badmotorfinger n'est pas en reste, ces deux albums fournissant 90% du set... Le concert se termine sur l'emblématique Beyond The Wheel, annonçant la couleur pour le show du Sabbath Noir à venir... Que dire de plus : globalement du coup, un très bon son qui contraste évidemment avec leur venue en 2012 à Paris, une excellente setlist même si un vrai fan en demandera toujours plus, un groupe très en forme et fidèle à lui même : un Cornell qui tchatche pas mal, un Shepherd bougonnant mais manifestement heureux d'en être, et un Thayil zen au tricot... Matt Chamberlain s'en est très bien sorti... Franchement pas vu la différence!!! J'ai toujours pensé que Soundgarden pourrait en remontrer au public du Hellfest en terme de riffs heavy et d'intensité... Ils l'ont prouvé d'une fort belle manière... Un Beyond The Wheel ne peut laisser indifférent un fan ultime de gros son...


Voili voilou... Si j'avais un top 5 à donner en dehors des 3 suscités plus haut (je peux pas être objectif avec ceux là), j'dirais bien ça, très subjectivement et dans le désordre le plus complet : 

Electric Wizard, parce que j'ai encore pris une surdose d'infrasons, et putaing que c'est bon,
Clutch, pour le son parfait, et le boogie stoner rock d'un groupe unique en son genre,
Soulfly, pour le coté ultra tribal de la batterie du fiston Cavalera (17 ans le môme??) que Sepultura n'aura jamais, même si j'ai pris du plaisir avec ces derniers... 
Against Me, la surprise totale que nous a valu l'énorme foule massée devant Aerosmith, laquelle nous a fait fuir et décidé de prendre une petite bière pèpère sur la Warzone devant un groupe au punk rock magnifiquement exécuté, accrocheur et sans ennui... Et pourtant je suis pas un fan ultime de punk, loin de là...
Dozer parce que le desert rock de ces éternels outsiders de la scène stoner allie puissance et finesse qui sont la marque de fabrique des très grands,
Et Iron Maiden parce que là aussi, je suis loin d'être un grand fan, mais curieusement je ne me suis pas ennuyé une seconde!!!

Et ben en fait c'est un top 6... A plus les amis, et au plaisir de vous retrouver sur Seattle Grunge, si Dieu le veut!!!

11/01/2014

Satchel versus Brad : qui est qui???

Tiens ouais d'abord, pourquoi on parlerait pas de Satchel???!!! Un groupe plutôt atypique dans l'univers du Seattle Sound, et pourtant... Quelle voix!!! Mojo Mag ne s'est certainement pas trompé en catapultant Shawn Smith parmi sa liste des meilleurs vocalistes de tous les temps... Et que fout ce piano sur un disque étiqueté "grunge"!!! Ceci dit, l'ensemble sonne plutôt pas mal, j'irais même jusqu'à dire que, merde alors, c'est bô!!! Vous l'aurez compris, Satchel ne ressemble à rien de ce qu'on connait du son de Seattle. Oui mais Satchel, c'est d'abord et avant tout Shawn Smith, chanteur multi instrumentiste. Un touche à tout qui fut aussi l'alter ego d'un autre foutraque nommé Steve Fisk, personnage éminemment important au sein de la mouvance informelle du Seattle Sound, ce dans la classieuse formation électro rock Pigeonhed... Et pis bon, Shawn Smith, c'est aussi l'un des partenaires de Stone Gossard, fameux guitariste de PJ, chez Brad... Satchel et Brad, d'ailleurs qui fusionnèrent quasiment à un moment, sortant même en 2005 un disque intitulé Satchel vs Brad... Il faut dire à ce stade que l'autre élément indissociable de Satchel / Brad répond au doux nom de Regan Hagar... C'est qui lui?? Ben, humblement, Regan Hagar, c'est quand même le batteur d'un groupe précurseur du Seattle Sound : Malfunkshun, dont le leader n'était rien moins que Landrew, le dieu de l'amour, ou plus simplement Andrew Wood, futur chanteur de Mother Love Bone... Bon, on va s'arrêter là pour les explications croisées, parce trop d'explications croisées tue les explications croisées... 

Shawn Smith est né à Spokane, Washington State, et s'installe rapidement dès le début des années 80 à la capitale, Seattle... C'est un fan d'Elton John, Kiss ou encore Queen, mais par dessus tout, c'est Prince qui révèle son envie de jouer et chanter... On comprend mieux dès lors d'où viennent les sons si particulier de Satchel, Brad ou Pigeonhed, ces mélanges improbables de rock, jazz, soul ou funk... L'homme se met à composer immédiatement, mais c'est surtout au début des 90's que ses projets phares prennent forme... 

Regan Hagar (batteur de Satchel/Brad/Malfunshun) : J'étais ami avec Shawn Smith depuis qu'on avait bossé ensemble chez Tower Records... Un jour il m'a fait écouté une cassette. C'était lui, une boite à rythme, et un synthé à deux francs. J'étais à fond dans Prince à l'époque, et lui aussi. Ça sonnait funky, et je lui ai dit : "Mec, t'as vraiment une super voix - on devrait monter un groupe funk". On s'y est mit, et on a joué avec pas mal de monde en ville.

Shawn Smith (chanteur de Satchel/Brad/Pigeonhed) : Moi, Stoney et Regan avons jammé à l'occasion. A l'époque, Regan et moi étions déjà parti prenante dans Satchel. On avait déjà les bases d'un morceau, et Stoney a dit "Il faut qu'on réserve un studio pour une ou deux semaines, et quand je reviens de tournée, on fait un disque". C'est comme ça que Brad est né.

Satchel et Brad resteront à jamais deux groupes jumeaux, et il n'est pas indécent de dire que, sans Brad, Satchel n'aurait jamais connu le succès d'estime qui lui était dû... 

Regan Hagar : Pearl Jam venait de décoller. Je pense que Stone n'a pas tardé à toucher son premier chèque. Donc il avait du succès, et il a pensé : "Vous voulez aller en studio les gars? J'ai un peu de fric - je paie". Il a allongé le fric pour sept jours aux studios Avast!. On voulait pas de Kory Kane, le bassiste de Satchel, parce que ça aurait voulu dire Satchel avec Stone. Donc Stone a fait venir un pote à lui, de LA, Jeremy Toback. On a tout écrit en studio... Stone a vraiment aimé le résultat, et l'a présenté à Sony, qui a immédiatement voulu le sortir. D'un coup on était invité à New York, à dormir dans des supers hotels. Finalement, Sony s'est rendu compte que Shawn et moi étions aussi dans Satchel. Boom - Satchel était signé aussi. Le rêve devenait réalité.

Le premier album de Brad, Shame, sort donc en 1993, suivi du premier Satchel, EDC (1994). Mais tout ne se passe pas comme prévu...

Regan Hagar : Il y avait des sérieuses tensions entre Brad et Satchel d'un coté, et PJ de l'autre. Certains membres de Pearl Jam nous accusait de suivre le train en marche. Avec Shawn ça nous a rendu furieux. J'étais à Seattle à jouer de la musique bien avant tous ces gars!!! (...) Je pense que c'est correct de dire que si Brad n'a jamais vraiment explosé, c'est parce que Pearl Jam ne voulait pas que Stone en soit. Ils pensent différemment maintenant. Mais c'est trop tard...

Satchel et Brad sont toujours en activité, l'un a sorti Heartache and Honey en 2010, l'autre United We Stand en 2012, passant même par la France pas plus tard que cette année... Shawn Smith continue quand à lui en parallèle une carrière solo, qui, sans être couronnée d'un succès faramineux, n'en continue pas moins d'être florissante... Reconnu désormais comme un artiste talentueux, il n'est pas rare de le voir aux cotés de Greg Dulli (ex Afghan Wighs, qui dira de lui qu'il est encore aujourd'hui le secret le mieux gardé de Seattle) ou Lanegan... Des aperçus de Satchel, Brad et Pigeonhed dans la playlist Grooveshark à droite. Plus bas une vidéo issue du premier Satchel, EDC, suivi d'un live on KEXP de Brad, et d'un Pigeonhed live bien sympathique...


21/12/2013

Seattle Grunge's Anecdotes : Ben Shepherd entre Nirvana et Soundgarden circa 1990

J'saurais pas trop dire pourquoi, mais j'aime bien Ben Shepherd. Un peu fou comme ça le mec, mais en même temps attachant... Et pis on sent comme une fracture chez ce gars, quelque chose de touchant... Comme un grand costaud au cœur tendre. Ben est un historique du Seattle Sound. Membre à part entière de la bande de Bainbridge Island, encore plein d'acné dans son premier groupe March Of Crimes, ami d'enfance de Chad Channing (Nirvana), Andrew Wood (Mother Love Bone) ou Stone Gossard (Pearl Jam)... Ca pose son homme... L'Ben il a été pas mal en concurrence fut un temps avec le plus grand looser du Seattle Sound, j'ai nommé Jason Everman... Faut croire qu'il en sorti gagnant...


Ben Shepherd (bassiste de Soundgarden)Je suis né au Japon, puis on a bougé au Texas. Quand j'avais trois ans, ma famille s'est installé dans la banlieue de Seattle - j'y ai toujours vécu depuis. Mon père avait l'habitude de jouer de la guitare. Puis quand j'ai eu 8 ans, j'ai eu l'occasion d'écouter Raw Power des Stooges. That was it. J'étais condamné. J'avais des frères et sœurs plus vieux, qui m'emmenaient aux concerts : de Syd Barrett à Earth Wind and Fire ou Captain Beefheart. Même si on était plus pauvre que quiconque, j'ai toujours vécu en musique. (...) Mon plus grand frère, Henry, qui vivait à Seattle, avait rencontré ce gars, Kim. Ils étaient amis et il l'amenait de temps en temps à la maison. J'avais 14 ans.

Jack Endino ( l'oreille du Seattle Sound) : Durant les 14 mois de pose qu'a connu Skin Yard, j'ai fais un essai pour Soundgarden. Je les ai harcelé : "Bordel. Laissez moi jouer la basse. Je peux le faire". On a jammé une nuit ensemble. C'était plaisant, mais la réponse fut : "Merci, mais non merci". J'ai appris plus tard que Daniel (House, aussi dans Skin Yard à l'époque) avait tenté le coup aussi (rires) 

Ben Shepherd : Ce qui était très drôle, c'est que les gars de Soundgarden m'ont demandé de faire un essai le jour d'après que ceux de Nirvana m'aient proposé la même chose. "Bon, Nirvana m'a demandé un jour avant vous, donc eux d'abord". J'avais jamais essayé d'apprendre le moindre morceau de Soundgarden. J'avais une cassette, mais pas d'endroit où jouer. En plus j'avais jamais réellement pris la basse avant. Pendant l'essai, on n'a pas parlé. Je suis juste venu, j'ai allumé l'ampli et on a jammé pendant 2 heures au lieu d'apprendre les morceaux de Louder Than Love, ce qu'on aurait dû initialement faire. Je suis revenu une deuxième fois, c'était plus sérieux - et puis ils ont choisi Jason.

C'est Stuart Hallerman, l'ingé son de Soundgarden, qui me l'a apprit. J'ai dis : "Je te promet que dans 6 mois ils reviennent me voir et ils me prennent". Et 6 mois plus tard, c'est ce qui est arrivé. Pourquoi j'ai pensé ça? Parce que je connaissais Jason. J'étais au lycée avec lui. Il était pas fait pour faire parti d'un groupe et tourner. C'était un gars plutôt individualiste. Et pis, j'étais un petit malin : j'ai toujours été le second choix.

Kurt et Krist m'avait demandé un essai pour Nirvana, à l'époque ou Kurt cherchait une seconde guitare. Chad (Channing, initialement ami d'enfance de Ben) ne leur avait jamais dit que je pouvais jouer de la guitare. C'est pour ça que Kurt disait que si ils avaient su ça plus tôt ils n'auraient jamais pris Jason (Everman, encore). Donc je suis parti en tournée avec eux, mais sans jamais jouer, parce qu'ils jouaient seulement des morceaux de Bleach, alors que je n'avais bossé avec eux que des morceaux de l'album à venir, Nevermind. Pourquoi? Parce que c'est ce qu'ils voulaient jouer. Si c'était frustrant? Bien sûr. J'aime jouer. Mais c'était super de voir mes amis mettre les gens sur le cul. Je les aidais pour le matos, je vendais les t-shirts pour eux.  J'ai toujours pensé qu'ils devaient rester un trio...

Un jour le téléphone sonne, et c'était Kim : "Hey Ben, on est de retour en ville, ça te dit d'aller se boire une bière? On s'est retrouvé ce soir là, puis le lendemain, chez Chris. Et c'est là qu'ils m'ont demandé de les rejoindre. J'ai craché par terre : "Fuck, yeah!"


Kim Thayil (guitariste de Soundgarden) : Avec Ben, les choses ont tout de suite été faciles. Il était super partant et motivé pour contribuer créativement. Je vais pas dire que Ben a guéri la blessure qui s'était ouverte au départ d'Hiro. Mais avec lui le groupe a retrouvé une part de l'esprit qui émanait du groupe dans les meilleurs jours d'Hiro, jusqu'à contribuer à ce qui est devenu Badmotorfinger.

Ben Shepherd est depuis lors un des artistes confirmés du Seattle Sound, jouant entre autre pour Hater, Wellwater Conspiracy, au sein des Desert Sessions ou en accompagnement de Mark Lanegan (occupant notamment la basse sur I'll Take Care Of You et Field Songs). Il vient de sortir un très bon album solo, In Deep Owl, que perso je n'attendais pas à ce niveau. Shepherd avait déjà écrit des morceaux fabuleux pour Soundgarden : Half sur Superunknown, An Unkind ou Switch Opens sur Down On The Upside, ou Taree sur le petit dernier, entre autres... Mais là franchement : totale surprise! Entre acoustique et électrique, accompagné de Matt Cameron, Matt Chamberlain ou Greg Gilmore à la batterie, et dans la complète veine des scuds de Lanegan, Ben Shepherd s'inscrit là comme un fabuleux songwriter... Beaucoup de titres hypers touchant, comme ce Collide à fleur de peau... En écoute intégrale en dessous... On est content de le voir le Ben le 22 juin prochain au... Hellfest!!!!

04/12/2013

Hellfest 2014 : Soundgarden et (peut-être) Walking Papers!!!!

On l'attendait, on en rêvait secrètement, on y croyait dur comme fer, on en salivait d'avance, on en aurait mis sa main à couper... Et ben ça y est, c'est fait : Soundgarden sera bien l'une des têtes d'affiches du prochain Hellfest!!!! A priori donc sans Matt Cameron, mais avec Kim Thayil, Chris Cornell et Ben Shepherd!!! Ce sera le dimanche, très certainement avant la prestation du Black Sabbath originel, mais lui aussi sans son batteur originel... Un batteur légendaire qui pourrait peut être bien être là le samedi, c'est Barrett Martin, ex-Screaming Yard Skin Season Mad Trees... Et actuel Walking Papers!!!! Accompagné d'une autre légende du Seattle Sound : Duff!!!!! Peut être car, comme l'année dernière avec Alice In Chains, cité par la première fuite officieuse, celle de Ouest France hier, présent sur la liste officielle du Facebook du fest, mais absent de l'affiche officielle!!!! A voir...


Pour le reste, pas de surprise, on le savait aussi depuis un moment, l'édition 2014 sera la pire tuerie qui ai jamais existé sur un festival metal : Black Sabbath, Iron Maiden, Aerosmith pour les têtes d'affiches. Pour le reste : Therapy? (quelle énorme nouvelle, celle là je l'avais pas vu venir!!!!), Slayer, Sepultura, Queensryche (Seattle forever), Deep Purple, Megadeth, Monster Magnet, Paradise Lost, Godflesh, Emperor, Soulfly, et pour le stoner, une belle brochette avec Electric Wizard, Unida (John Garcia ex Kyuss), Clutch, Kylesa, Kadavar et les vieux loups de mer que sont Lowrider ou Dozer... Manque encore une dizaine de groupes, et je serais pas surpris du tout de voir débouler quelques autres groupes légendaires... Ça promet!!! Vivement juin 2014!!!!

23/11/2013

L'autre grunge : ou le meilleur du rock indé 90's hors Seattle!!!

Allez donc, ça faisait un moment que je me disais qu'il fallait que je fasse ce post, depuis les débuts du blog je pense, quand l'autre fois sur les "Grandes Z'Oreilles", le forum des fans de musique les plus ouverts qui puisse être, j'ai eu une petite discussion croisée avec GrassMatt, adorateur de PJ, mais pas que, et mon fidèle compagnon de découverte musicale usant quelque peu abusivement du pseudonyme de Kyuss (qui je lui rappelle, m'est réservé bordel merde chiotte zut!!!), adorateur de plein de trucs divers et variés. Laquelle discussion traitait de tous ces groupes excellents tournant autour de la mouvance grunge et du rock alternatif des 90's, et dont je m'interdis habituellement de parler afin de rester dans le sujet strictement "Seattle Sound"... Oui oui mossieudame, je suis un incorruptible!!! Mais merde alors, aujourd'hui on va faire exception, vite fait, en faisant un petit tour des grands groupes de l'époque hors Seattle :

Parmi les vendus du grunge, ces groupes sortis de nulle part au moment de l'explosion grunge, il y en a un dont on peut éviter de casser les genoux tout de suite, c'est Stone Temple Pilots... Scott Weiland, leur chanteur, a beau m'avoir toujours cassé les bonbons avec ses airs de maitre du monde du rock, il faut avouer que le matraquage sonique en règle de Core et la pop-rock sirupeuse de Purple font mouches à tout les coups...

 

L'autre couille de Corgan des Smashing Pumpkins m'énerve tout autant, mais comment passer à coté de Siamese Dream, un des albums les plus vibrant d'émotions de la décennie 90's, que je placerais largement avant leur morceau de bravoure qu'est Mellon Collie... Rien de plus à ajouter sinon que c'est beau à en chialer... 

 

Dinosaur Jr!!!! Que dire de ce groupe sinon qu'il m'est impossible de rester insensible à ces trois adolescents attardés, aux solos à rallonge à rallonge, à la voix de Mastic qui n'a jamais mué, à cette guitare fuzz électrisante et à cet univers reconnaissable entre tous de trou du cul de l'Amérique ou l'humeur principale est à se faire chier comme un rat mort... A mon humble avis, Dino Jr, qui s'est reformé il y a quelques années, est aujourd'hui encore meilleur qu'à la fin des années 80, période ou ils cassaient déjà  la barraque...


GrassMatt m'a fait découvrir Lemonheads, via l'album It's A Shame About Ray, qui il est vrai propose des petites perles popàsedamner un poil électrique juste ce qu'il faut... Un album que j'aurais eu tord d'ignorer plus longtemps...


De même pour Eleven, que je n'avais pas réécouté depuis un bail... Trio composé du futur ex batteur de PJ Jack Irons, accompagné d'Alan Johannes, multi-intrumentiste futur collaborateur des Queens Of The Stone Age, et de sa compagne Natasha Shneider... Un rock plutôt catchy et bien ficellé, magnifié par une touche féminine qu'on n'a que trop peu l'habitude d'entendre dans ces années là. Totalement dans l'ère de l'époque...


Faith No More fait parti des groupes que je rêverais de voir live, là où le Mike Patton lache les chevaux d'une folie furieuse déjà débordante sur disques... Riffs mastocs, longues nappes de guitares trashs, et un je ne sais quoi qui fait sauter partout... Mon album de prédilection? Sans surprise Angel Dust!!! Mais King For A Day et Album Of The Year ne sont pas mal non plus...


Mais je crois que mon préféré à tout jamais reste le power trio irlandais sous grosse influence hardcore Husker Dü-esque, j'ai nommé Therapy? Destructeurs de tympans patentés, Andy Cairns et consœurs ont l’extrême mérite de n'avoir jamais réédités le même album, depuis les expérimentations techno-indus de Nurse jusqu'aux expérimentations indus-techno de A Brief Crack Of Light, en passant par la puissance metal pop de Troublegum... Passés aux oubliettes depuis après Infernal Love, le groupe continue son bonhomme de chemin, contre vents et marées, en innovant toujours plus et mieux, sans lacher malgré le changement de batteur, la frappe sèche et la guitare incisive qui font leur particularité...


Ajoutez à cela qu'à l'époque tout ce qui se jouait avec des guitares qui font plein de bruits, mais qui n'était pas metal, était associé au style "grunge"... Kyuss ou Monster Magnet, plus tard catalogués têtes pensantes du stoner, ou Corrosion Of Conformity, devenaient rejetons des Pearl Jam, Soundgarden ou Alice In Chains...

Ajoutez encore à cela des tonnes d'autres groupes qui sentent bon le moisi de fond de tiroir, bien que franchement, la majorité d'entre eux prennent souvent l'air en arborant fièrement encore aujourd'hui une certaine idée du rock, à mon humble avis d'ailleurs, la plus grande qui soit... Personne ne me fera dire que la décennie 90 n'a pas été l'une des plus riches et innovante en matière de grosses guitares... A noter que ces groupes ont tous tourné avec les stars de Seattle, sans exception... Petite playlist évolutive (il en reviendra surement au fil du temps) listant l'ensemble plus quelques autres qui donnent à chaque écoute de grands moments de plaisir...

Si votre album préféré de l'époque n'est pas mentionné ici, ben faites pas la gueule merde, c'est pas grave!!! Y'a juste à faire un petit commentaire en présentant le groupe en question ou l'album. Où ça? : ben dans les commentaires pardi!!! Et pis Bibi il se fera un plaisir d'ajouter le dit commentaire dans le post, et un morceau dans la playlist!!!! C'est t'y pas bô ça!!!!!!


Promis au prochain post on revient au Seattle Sound!!! Quelques petits ajouts dans les posts précédents : l'album entier de Lumbar est en écoute intégrale, et plus de news sur la tournée européenne de Soundgarden en juin 2014!!!

08/11/2013

Review concert Foo Fighters + L7 à Nantes!!!!

Quoi??? Bordel de nondidju de merde??? Une review concert de FooFighters et L7... à NANTES??? On aurait pu m'en parler chiotte alors!!!! Ben ouais mais bon, fallait y croire, fallait faire le 3615 Quinenveut, et tu l'as pas fais!! Trêve de plaisanterie, ces deux là sont bien passés à Nantes, mais c'était en 1995 et 1997, autant dire à la grande époque, du moins à sa toute fin... Un  temps improbable ou il suffisait de faire 50 bornes pour voir le batteur de Nirvana!!! Dingue. Je vous dirais, ce serait aujourd'hui, on ferait zéro bornes pour voir personne, puisque une fois sur deux y'a pas un chat de producteur pour être poli avec ce genre de groupe!!! Bon, ceci dit, comme mon pote Nono en était, c'était l'occase de le faire farfouiller dans sa mémoire... Et comme c'est pas le genre à se faire prier, ben v'là le résultat :

Foo Fighters – Nantes (Escall) le 3 novembre 1995 :

En route avec mon pote Lolo, à l’Escall (salle municipale de St Sébastien, à la périphérie Nantaise) pour voir le phénomène, bien gardé à l’époque, Foo Fighters ! Chose impossible désormais, vue l’importance de ce groupe ! Une petite salle vite remplie car il faisait frisquet dehors : Dave Grolh était déjà une petite légende, This Is A Call crachait sur pas mal de radios rock (Fun et Skyrock, entre autres ! Ah Ah !!) et nous étions heureux de revoir ce bûcheron avec son nouveau groupe. 


Built To Spilt, groupe américain de rock indépendant ouvrait pour les Foo ce soir-là ! Je n’ai aucun souvenir de la prestation, même s’il me semble avoir passé un bon moment…

L’attente entre les deux groupes fut assez longue avec moults titres rock crachés par la sono avant que YMCA soit copieusement hué par l’assistance ! Pourquoi me souviens-je (aïe, pas facile à dire !!) de ce titre ? Parce que c’est à la fin de cette purge, que le groupe a fait son entrée. Dave, guitare en bandoulière, reprenant YMCA au micro et faisant les lettres avec les bras ! Mémorable !

Tout comme ce concert qui fut court (1h15) mais diablement efficace. Je me souviens avoir dit à Laurent : « Mais pourquoi, il n’y a aucun morceau « calme » dans leur putain de disque ?? » Par contre aucun souvenir de la setlist. Mais bon, avec un premier album, c’est moins compliqué ! Tu joues l’album en entier avec surement quelques reprises dont je n’ai pas la moindre bribe de mémoire. Nous étions serrés comme des sardines et très remués à chaque coup de boutoir du groupe, si bien que nous avons terminé le concert séparés, de chaque bout de la salle. J’ai fini littéralement trempé de la tête au pied et heureusement qu’au merch, j’ai trouvé un beau T-shirt avec des soucoupes volantes dessus…

Par la suite, je me suis détourné du groupe (Et oui, je n’ai pas accroché à The Colour and The Shape !!) J’ai toujours trouvé que ce groupe savait torcher des chansons très efficaces, mais m’ennuyait sur la durée d’un album complet… Mais ce concert, quel souvenir !

L7 – Nantes (Olympic) le 2 juillet 1997 :

Cette fois-ci virée avec Tof (je j’ai tanné avec l’album Beauty Process, depuis sa sortie, jusqu’à ce qu’il aime…) et le cousin Seb. Nous arrivons pendant le set de The No-Talents, groupe punk français qui déchire avec deux nénettes qui rockent.

Grand concert des L7 avec une Donita en forme, qui rentre sur scène en remerciant Doudou (promoteur de concerts, l’un des fondateurs de Black & Noir Records à Angers et « accessoirement » manager des Thugs !) tout en donnant un aperçu de ce que l’on allait subir : « Hello, we’re gonna rock the casbah !! »

Et quel concert !! Avec ces extraits corrosifs du dernier album (Drama, Off The Wagon, I Need, Bitter Wine ou Lorenza, Giada, Alessandra !) et autres classics des demoiselles (Wargasm, Pretend We’re Dead, Shove, Andres et surtout ce Shitlist d’anthologie !). Nous étions tout love, devant Suzy Gardner qui nous a retourné : par son jeu, mais aussi par son charme… En effet, la demoiselle, derrière son apparence grunge/crade est (à l’époque) une charmante jeune femme ! Première surprise, donc, mais nous nous rendrons aussi vite compte que ces nanas jouent carrés malgré leur musique d’apparence basique/punk. Ça aura gratté et bastonné sévère pendant plus d’une heure et demi.

Donita a même effectué un de ses solos bordéliques, portée par la foule. Concert mémorable, encore… L7, un groupe « sévèrement burné », que je prends toujours plaisir à écouter.

L'gars Nono est accessoirement le grand artisan de http://ziqueinmyhead.blogspot.fr/, un blog ou on parle de musique, de toutes les musiques, bien sûr surtout de musique avec des guitares, mais pas que... Votre serviteur lui même poste de temps en temps dessus... Ben oui, parce que même s'il vénère le grunge, heureusement il est pas barjot, il s'intéresse à autre chose aussi le gars... Dernier post en date par Nono : la review concert des stoners rockeurs suédois de Truckfighters à Nantes. Bon, on peut dire que j'étais pas à Foofighters, mais j'étais à Truckfighters!!! Un concert mémorable et une grosse grosse grosse claque dans nos petites faces de rats d'amateurs de stoner!!!